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NORMES

Contrôles périodiques NEPI 108-15 : les tests intégraux périodiques

La NEPI 108-15 appelle « tests intégraux périodiques » ce que le terrain appelle contrôle périodique. Intervalle selon la catégorie de risque, contenu, responsabilités, PV, et ce que l'autorité peut ordonner en plus.

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Contrôles périodiques NEPI 108-15 : les tests intégraux périodiques

La norme NEPI 108-15 en bref

La NEPI 108-15 (Note explicative de protection incendie) porte sur la garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie : les actions déclenchées par la détection (extraction de fumée et de chaleur, fermeture de portes, rappel d'ascenseurs, etc.). Elle ne traite pas de la maintenance courante de l'installation de détection elle-même, qui relève de la directive SES SDAI.

Un mot de vocabulaire, parce qu'il conditionne la lecture de tout le reste : ce que le terrain appelle « contrôle périodique » s'appelle, dans le texte, test intégral périodique (§ 7.4). C'est le contrôle que les propriétaires et exploitants organisent eux-mêmes. Il ne faut pas le confondre avec les contrôles périodiques que l'autorité peut ordonner (§ 8.3), deux choses différentes, traitées plus bas.

Cet article est la référence normative. Pour la mise en œuvre pratique, voir la checklist de préparation du test intégral.

Un seul test intégral, à intervalle variable

Contrairement à une idée répandue, la NEPI ne définit pas trois contrôles de profondeur croissante. Elle définit un seul test intégral, qui vérifie l'ensemble des asservissements, et dont l'intervalle dépend de la catégorie de risque du bâtiment (NEPI § 7.4 al. 2) :

Catégorie de risqueIntervalleExemples
Catégorie 1 (risque élevé)2 ansIEFC avec preuve de performance + mise en surpression
Catégorie 24 ansÉtablissements d'hébergement [a]/[b], IEFC sans preuve de performance
Catégorie 36 ansLes autres bâtiments

À chaque échéance, le même test intégral est réalisé : il couvre toutes les zones d'activation, en activation automatique et manuelle.

Ce que vérifie le test intégral

Le test ne consiste pas à croiser mécaniquement chaque zone avec chaque équipement : il rejoue les relations prévues par les scénarios et reportées dans la matrice des asservissements. Un scénario définit le lien entre une zone d'activation et la position ou la fonction attendue des équipements asservis (NEPI, annexe « Scénarios ») ; c'est ce lien-là qui est vérifié.

  • Le comportement des équipements asservis prévus par chaque scénario, pour toutes les zones d'activation, en activation automatique et manuelle (§ 6.4.2 al. 5)
  • La correspondance entre l'installation réelle et la matrice des asservissements
  • Le test de black-out : débranchement de l'approvisionnement normal en électricité, le fonctionnement conforme devant rester garanti pendant la coupure (§ 6.4.2 al. 6)
  • Les interfaces avec les autres systèmes (sprinklers, extraction de fumée et de chaleur, ascenseurs, ventilation)
  • La remise en état après essai

Qui est responsable ?

Ce sont les propriétaires et exploitants qui sont responsables d'effectuer et de consigner les tests intégraux périodiques (NEPI § 7.4 al. 1), via le responsable de l'installation qu'ils désignent (NEPI § 7.6). Il faut distinguer les phases : avant la réception, l'autorité peut demander les protocoles des tests réussis (§ 8.2). En exploitation, la documentation et le livret de contrôle restent consultables (§ 7.1 et 7.4), et l'autorité peut ordonner des contrôles (§ 8.3).

À ne pas confondre : la maintenance annuelle de l'installation de détection (contrôles fonctionnels, révision des détecteurs à 6/8 ans) relève de la directive SES SDAI (§ 12.6), pas de la NEPI.

Test intégral périodique ou contrôle ordonné par l'autorité ?

Les deux existent, et ils ne se confondent pas.

Test intégral périodique (§ 7.4)Contrôles périodiques (§ 8.3)
Qui déclencheLes propriétaires et exploitants, de leur propre initiativeL'autorité de protection incendie, qui peut les ordonner en phase d'exploitation
RythmeAu moins tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risqueÀ l'appréciation de l'autorité
ContenuLe test intégralDes tests intégraux, réalisés en accord avec les propriétaires et exploitants
Rôle de l'autoritéAucun, sauf demande de PVElle peut effectuer des contrôles par échantillonnage pendant les tests

Autrement dit : l'échéance de 2, 4 ou 6 ans court même si l'autorité ne demande jamais rien ; et l'autorité peut, en plus, ordonner un contrôle qui prendra la forme d'un test intégral.

Ce qui doit être documenté

Le test intégral doit être consigné dans un procès-verbal (§ 6.4.2 al. 1 et § 7.4 al. 1), et tous les événements (dérangements, arrêts, modifications, autocontrôles, tests intégraux, travaux de maintenance) doivent figurer dans le livret de contrôle (§ 7.1 al. 10). La note explicative n'impose en revanche pas une liste de champs pour le PV lui-même. La structure ci-dessous est donc une structure recommandée, qui couvre ce que l'autorité et l'organe de contrôle cherchent en pratique :

  1. Identification de l'installation et du bâtiment
  2. Date, catégorie de risque et intervalle applicable
  3. Résultats par zone d'activation et par équipement asservi, activation automatique et manuelle
  4. Résultat du test de black-out
  5. Défauts constatés et mesures correctives
  6. Conclusion et prochaine échéance

La NEPI, elle, énumère les documents de l'installation à tenir à disposition : concept d'asservissement, plans des zones, matrice des asservissements, script et programme des tests intégraux, livret de contrôle, entre autres (§ 7.5 al. 2).

Conséquences en cas de non-conformité

Ne pas faire ses tests intégraux périodiques n'a pas une conséquence unique et automatique, mais plusieurs risques de nature différente :

  • Autorité : elle peut ordonner des contrôles (§ 8.3), exiger de consulter la documentation et le livret de contrôle (§ 7.1 al. 11), et l'arrêt ou le démontage d'asservissements est soumis à son autorisation (§ 7.8).
  • Responsabilité : les propriétaires et exploitants doivent garantir le fonctionnement en tout temps (§ 7.1 al. 1-2) ; le responsable global des asservissements et l'exploitant restent responsables du bon fonctionnement (§ 8.2 al. 3).
  • Assurance : la couverture relève du contrat et du droit cantonal, pas de la NEPI. Un défaut d'entretien documenté peut être opposé lors du règlement d'un sinistre, mais parler d'un « refus d'assurance » automatique serait inexact : c'est un risque à faire qualifier par votre assureur, pas une règle normative.

Comment s'organiser efficacement

Avec plusieurs bâtiments, les échéances diffèrent selon la catégorie de risque : un bâtiment peut être à 2 ans tandis qu'un autre est à 6 ans.

  1. Centraliser les échéances dans un outil unique
  2. Anticiper : prévoir le test 3 mois avant l'échéance
  3. Documenter systématiquement chaque test
  4. Archiver les procès-verbaux de manière accessible

sdai.ch calcule automatiquement l'échéance du test intégral pour chaque bâtiment selon sa catégorie de risque et alerte avant chaque deadline.

Ce qu'il faut retenir

  • La NEPI 108-15 définit UN test intégral périodique (§ 7.4), dont l'intervalle (2, 4 ou 6 ans) dépend de la catégorie de risque.
  • Il couvre toutes les zones d'activation, en activation automatique et manuelle, et rejoue les relations prévues par les scénarios, pas un croisement exhaustif zone × équipement.
  • Le test intégral périodique (§ 7.4) et les contrôles que l'autorité peut ordonner (§ 8.3) sont deux dispositifs distincts.
  • Les responsables sont les propriétaires et exploitants ; le PV est remis à l'autorité sur demande.
  • La maintenance annuelle de la détection relève de la directive SES SDAI, pas de la NEPI.

Pour le suivi papier : la checklist de contrôle périodique et le journal de bord de maintenance sont téléchargeables gratuitement (PDF, FR/DE). Pour préparer la journée d'essai elle-même : la checklist de préparation du test intégral.

Le concept approuvé et l'autorité priment. Le concept de protection incendie détermine la catégorie d'asservissements à réaliser (NEPI § 6.1 al. 2), et l'autorité cantonale de protection incendie peut ordonner des contrôles supplémentaires (§ 8.3). Cet article décrit le cadre fédéral commun ; votre dossier approuvé et votre canton peuvent aller plus loin.


Vérifié le 11 août 2026. Sources : note explicative de protection incendie NEPI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie », édition 01.01.2020 (état 01.08.2022), ch. 6.4.2, 7.1, 7.4, 7.5, 7.6, 8.2, 8.3 et annexe ; prescriptions de protection incendie AEAI 2015 ; directive SES SDAI (éd. 01.07.2021) pour la maintenance de la détection.

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