Le test intégral est le contrôle le plus complet d'une installation SDAI. Sa périodicité dépend de la catégorie de risque (2, 4 ou 6 ans) selon la note explicative NEPI 108-15 ; pour les bâtiments ordinaires, le cycle par défaut est de 6 ans. Il a aussi lieu lors de la mise en service initiale d'une installation.
L'objectif : vérifier que l'installation réagit correctement à un événement d'incendie réel, en testant tous les scénarios prévus dans la matrice d'asservissement.
La chaîne du test intégral, du déclencheur aux asservissements.
À quelle fréquence : 2, 4 ou 6 ans selon le bâtiment
Le test intégral n'a pas un périmètre qui s'alourdit dans le temps : c'est la même procédure complète à chaque échéance. Ce qui change, c'est la fréquence, fixée par la catégorie de risque (NEPI 108-15 ch. 7.4).
Catégorie de risque
Périodicité du test intégral
Catégorie 1 (risque élevé) : installations d'extraction de fumée et de chaleur avec preuve de performance et installations de mise en surpression
au moins tous les 2 ans
Catégorie 2 (risque moyen) : établissements d'hébergement [a]/[b] (hôpitaux, EMS, hôtels...) et bâtiments avec extraction de fumée et de chaleur sans preuve de performance
au moins tous les 4 ans
Catégorie 3 (risque faible) : tous les autres bâtiments avec asservissements
au moins tous les 6 ans
À ne pas confondre avec l'entretien annuel de l'installation SDAI (maintenance, contrôle des détecteurs), qui reste annuel pour tous : le test intégral, lui, rejoue tous les scénarios de la matrice pour vérifier la chaîne complète détection vers asservissements.
Un test intégral mal préparé peut durer plusieurs jours et perturber l'exploitation du bâtiment. Bien préparé, il se déroule en une journée par zone.
Avant le test : la phase de préparation
1. Vérifier la matrice d'asservissement
Une matrice à jour est la condition non-négociable. Si la matrice ne correspond plus à l'installation, le test révélera des écarts impossibles à diagnostiquer.
Checklist matrice :
Tous les détecteurs présents y sont
Tous les organes asservis y sont
Les zones sont cohérentes avec les plans DI
Les scénarios couvrent tous les détecteurs
2. Coordonner avec l'exploitation
Un test intégral implique des déclenchements réels :
Sirènes d'évacuation (prévenir les occupants !)
Désenfumage (ouverture exutoires, ventilateurs)
Coupure CVC (arrêt climatisation)
Déverrouillage des issues
Report d'alarme sprinkler (test du signal vanne/pressostat, sans décharge d'eau)
Coordonner avec :
Le propriétaire / exploitant
Le chargé de sécurité
L'autorité (selon le canton)
Les concierges / facility management
Les locataires (information préalable)
3. Préparer la documentation
À avoir sur place le jour du test :
Plans DI à jour
Matrice d'asservissement
Schémas de câblage
Rapports des entretiens annuels et tests intégraux précédents
Concept de protection incendie
Liste des modifications depuis la dernière intervention
4. Prévoir le matériel
Aérosols de test (pour les détecteurs optiques)
Sources chaudes (pour les détecteurs thermiques)
Multimètre, mesureur anémométrique
Caméra thermique (optionnel mais utile)
Tablette ou ordinateur pour la saisie en direct
Pendant le test : déroulement type
Étape 1, Vérification statique (matin)
État de la centrale, batteries, alimentations
Lecture des défauts en mémoire
Cohérence du journal de bord avec les événements
Étape 2, Test par zone (cœur du test)
Pour chaque zone :
Déclencher un détecteur par aérosol/source chaude
Vérifier le report d'alarme en centrale
Vérifier chaque organe asservi (visuellement + mesure)
Mesurer les temps de réponse
Acquitter et réarmer
Étape 3, Tests transverses
Test des interfaces (sprinkler, ascenseur, désenfumage)
Test des reports externes (réception sapeurs-pompiers)
Test sur secours (basculement batterie)
Étape 4, Documentation (fin de journée)
Rédaction du rapport sur place quand possible
Photos des éléments testés
Liste des défauts constatés et niveau d'urgence
Date du prochain test intégral (au moins tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque)
Les pièges classiques
1. Bâtiments très occupés
Les sirènes vont déclencher l'évacuation. Si le bâtiment est en exploitation, il faut soit interrompre l'activité, soit isoler les sirènes (et le mentionner dans le rapport).
2. Asservissements oubliés
Les portes coupe-feu en sous-sol, les volets de désenfumage en faux-plafond, on les oublie souvent. La matrice est ici votre meilleur allié.
3. Modifications non documentées
Le facility a déplacé un détecteur ? L'a-t-il signalé ? Comparez plans DI et installation réelle avant de tester.
4. Centrale obsolète
Sur des centrales > 15 ans, certains scénarios peuvent ne plus être programmables. Le test révèlera l'obsolescence, prévoir une discussion avec le propriétaire sur le remplacement.
Après le test : le rapport
Le rapport doit contenir :
Liste des défauts par niveau (critique / important / mineur)
Délais de mise en conformité recommandés
Date du prochain entretien annuel
Date du prochain test intégral (selon la catégorie : 2, 4 ou 6 ans)
Annexes : matrice testée, plans DI, photos
Comment sdai.ch facilite le test intégral
Checklist pré-test générée automatiquement à partir de la matrice
Saisie terrain depuis tablette en direct
Rapport PDF généré automatiquement à la fin
Échéances 2/4/6 ans (selon la catégorie du bâtiment) calculées et alertées en amont
Ce qu'il faut retenir
Le test intégral (à la mise en service, puis tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie du bâtiment) rejoue tous les scénarios de la matrice.
Une matrice à jour est la condition non négociable d'un test exploitable.
Il implique des déclenchements réels : coordonner exploitation, sécurité, autorité et occupants.
Le rapport classe les défauts par criticité et fixe les échéances (entretien annuel, test intégral 2/4/6 ans selon la catégorie).
Références : Note explicative de protection incendie NEPI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie » (mise à jour du 1er janvier 2020), Directive technique SES SDAI (éd. 2021, ch. 12) et cahier technique SIA 2046 (tests intégraux).