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Faut-il remplacer son SDAI après 15 ans ?

Le seuil de 15 ans vient de la DPI 20-15, ch. 4.5 : il impose une évaluation du SDAI, pas son remplacement automatique.

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Faut-il remplacer son SDAI après 15 ans ?

« Votre installation a quinze ans, il faut la changer. » La phrase revient souvent, et elle inquiète, parce qu'elle arrive rarement avec une référence. Avant d'engager un budget de remplacement, il vaut la peine de savoir d'où sort ce chiffre, et surtout ce que la réglementation suisse date réellement.

La règle des 15 ans existe-t-elle en Suisse ?

Oui. Le cap des quinze ans existe bien dans les prescriptions suisses, mais il ne signifie pas qu'un SDAI doit être remplacé automatiquement. La DPI 20-15 impose, après quinze ans de service, une évaluation de sa conception, de sa disponibilité conditionnée par la technologie et de son efficacité au regard de l'affectation actuelle du bâtiment.

Le texte est précis. Après une durée de service de 15 ans, les installations de détection d'incendie doivent être soumises à une évaluation selon une procédure définie, qui porte sur leur conception, sur leur disponibilité conditionnée par la technologie et sur leur efficacité en raison de changements d'affectation (ch. 4.5, al. 1). L'installation doit ensuite être adaptée à l'état actuel de la technique ainsi qu'à une éventuelle évolution des dangers d'incendie (al. 2), et l'entreprise de détection reconnue par l'AEAI annonce l'évaluation à l'autorité de protection incendie pour approbation, avant le début des travaux d'exécution (al. 3).

Ce que le texte ne dit nulle part, c'est qu'il faudrait remplacer l'installation. Une évaluation est un examen documenté qui débouche sur un constat : soit l'installation reste adaptée, soit elle demande des adaptations, soit son remplacement devient la solution la plus raisonnable. Les trois issues sont possibles, et c'est l'évaluation qui tranche, pas le calendrier.

Le chiffre circule donc pour deux raisons qui se superposent. La première est normative, c'est le rendez-vous du ch. 4.5. La seconde est pratique : quinze ans correspond à l'ordre de grandeur au-delà duquel les fabricants cessent de garantir des pièces, et à la période où les composants de détection dérivent. Les confondre mène à l'erreur courante, celle du devis de remplacement présenté comme une obligation légale.

Alors qu'est-ce qui est vraiment daté ?

Beaucoup de choses, mais aucune qui impose un remplacement. Les échéances portent sur l'entretien, le traitement des dérangements, les essais périodiques et l'évaluation à quinze ans. Voici ce que les textes chiffrent réellement.

Ce qui est datéValeurRéférence
Signalisation d'un arrêt ou d'un dérangementSignal visuel et sonore, transmis automatiquement à un poste occupé en permanence, sans temporisationDPI 20-15, ch. 3.4.1, al. 2
Prise en charge d'un dérangement signaléRéparation entreprise dans les 24 heures, puis résolue dans un délai raisonnable selon la gravitéDirective SES, ch. 12.2, al. 3
Maintenance sur placeAu moins une fois par année ; la périodicité exacte est fixée par l'entreprise spécialisée selon l'environnement et les particularités du systèmeDirective SES, ch. 12.6.1, al. 1
Révision en usine ou remplacement des détecteurs de fumée6 ans sans autosurveillance, 8 ans avec autosurveillance, 8 ans pour la détection par aspiration posée en lieu et place de détecteurs ponctuels ; des intervalles plus courts peuvent s'imposerDirective SES, ch. 12.6.2, tableau 12
Détecteurs de chaleur, capteurs CO et autres principesSelon l'encrassement et les influences environnementales, ou selon les spécifications du fabricantDirective SES, ch. 12.6.2, al. 2 et 3
Évaluation de l'installationAprès 15 ans de service : conception, disponibilité conditionnée par la technologie, efficacité au regard des changements d'affectationDPI 20-15, ch. 4.5, al. 1
Test intégral des asservissements2 ans en catégorie de risque 1, 4 ans en catégorie 2, 6 ans en catégorie 3 ; la catégorie dépend des installations présentes et de l'affectationNEPI 108-15, ch. 7.4, al. 2
Remplacement complet de l'installationAucune échéance fixéeSans objet

Deux lignes se lisent ensemble. Celle de l'évaluation à quinze ans, qui est une véritable échéance normative, et la dernière, qui n'en est pas une : aucun texte n'impose de remplacer l'installation à ce moment-là. L'évaluation est un rendez-vous obligatoire, le remplacement n'est qu'une de ses issues possibles.

Une précision sur les tests intégraux, souvent cités comme « tous les 2, 4 ou 6 ans » sans plus de détail. La périodicité dépend de la catégorie de risque de l'ouvrage : deux ans pour les bâtiments dotés d'installations d'extraction de fumée et de chaleur avec preuve de performance et d'installations de mise en surpression, quatre ans notamment pour les établissements d'hébergement de type [a] ou [b] et pour les bâtiments avec extraction de fumée sans preuve de performance, six ans pour tous les autres. Ces cycles ne s'appliquent donc pas indistinctement à tous les bâtiments.

Quelle est alors l'obligation réelle du propriétaire ?

Maintenir l'installation en état de fonctionnement pendant toute la durée de l'exploitation. Le propriétaire et l'exploitant assurent cet entretien, et les installations doivent être contrôlées et entretenues régulièrement, conformément aux prescriptions et aux indications du fabricant.

C'est le devoir d'entretien de la DPI 12-15 (ch. 4.2), qui prolonge l'article 20 de la norme de protection incendie. La directive SES le décline pour la détection : la maintenance est confiée à une entreprise spécialisée reconnue AEAI, détentrice de l'attestation pour le système concerné, avec un règlement contractuel des travaux (ch. 12.1).

Autrement dit, deux questions se posent, et non une seule : « le cap des quinze ans est-il passé, et l'évaluation du ch. 4.5 a-t-elle été faite ? », puis « suis-je en mesure de prouver que l'installation fonctionne, aujourd'hui, comme elle le doit ? ». Une installation de dix-huit ans évaluée, correctement entretenue et documentée peut rester adaptée, sous réserve du dossier, du concept approuvé et de l'autorité. Une installation de six ans dont personne ne retrouve les procès-verbaux ne l'est pas.

Qu'est-ce qui déclenche vraiment un remplacement ?

Rarement l'âge seul, et jamais l'âge à lui seul comme obligation. Dans la pratique, quatre situations peuvent conduire au remplacement, et elles peuvent survenir bien avant ou bien après quinze ans. L'évaluation du ch. 4.5 est souvent le moment où elles se constatent noir sur blanc, ce qui explique que remplacement et quinzième année se retrouvent si souvent dans la même conversation.

La première est l'indisponibilité des pièces. Quand le fabricant a arrêté la production et que le stock de rechange s'épuise, l'obligation de maintenir en état de fonctionnement devient matériellement intenable. C'est souvent le vrai déclencheur.

La deuxième est la dérive des détecteurs constatée à la révision. Un détecteur qui sort des tolérances se remplace ; quand cela concerne une part importante du parc au même moment, le remplacement ponctuel n'a plus de sens économique.

La troisième est l'impossibilité d'étendre. Une centrale saturée, un protocole fermé ou une capacité de boucle atteinte bloquent tout projet d'agrandissement du bâtiment.

La quatrième est l'écart avec les exigences actuelles. Une transformation, un changement d'affectation ou une nouvelle exigence de l'autorité peuvent imposer une couverture ou des asservissements que l'installation existante ne sait pas produire.

Comment décider sans se fier à un chiffre rond ?

En documentant l'état réel plutôt que l'âge. Trois éléments constituent une base utile à compléter selon le dossier, le concept approuvé et les demandes de l'autorité : l'historique de maintenance, les résultats des derniers essais, et une réponse écrite du fabricant sur la disponibilité des pièces.

L'historique de maintenance montre si les dérangements se multiplient et si les délais de réparation tiennent. Les procès-verbaux de test intégral montrent si les asservissements répondent encore comme la matrice le prévoit. La disponibilité des pièces dit combien de temps l'installation reste réparable. Un dossier qui aligne ces trois éléments transforme une intuition en argument.

Ce qu'il faut retenir

  • Après quinze ans de service, une évaluation est obligatoire : conception, disponibilité conditionnée par la technologie, efficacité au regard des changements d'affectation (DPI 20-15, ch. 4.5, al. 1).
  • Cette évaluation n'est pas une obligation de remplacement : aucune prescription suisse n'impose de changer l'installation à quinze ans.
  • L'obligation d'entretien est permanente : maintenir en état de fonctionnement pendant toute l'exploitation (DPI 12-15, ch. 4.2 ; norme de protection incendie, art. 20).
  • Les autres échéances : tout arrêt ou dérangement transmis automatiquement, sans temporisation, à un poste occupé en permanence (DPI 20-15, ch. 3.4.1 al. 2), élimination du dérangement entreprise dans les 24 heures (SES, ch. 12.2), maintenance au moins annuelle (ch. 12.6.1), révision des détecteurs de fumée à 6 ou 8 ans selon l'autosurveillance (ch. 12.6.2), test intégral tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque (NEPI 108-15, ch. 7.4).
  • Le remplacement se décide sur l'indisponibilité des pièces, la dérive des détecteurs, l'impossibilité d'étendre ou l'écart avec les exigences actuelles, pas sur l'âge.
  • Un devis de remplacement justifié par « quinze ans » et rien d'autre mérite une question de plus : à cette échéance, l'évaluation est due, le remplacement ne l'est pas.

Sources officielles

Le texte principal de cet article est la DPI-AEAI 20-15 « Installations de détection d'incendie » (PDF français), édition 01.01.2017, état 23.01.2019. Les directives citées ci-dessus se procurent auprès de l'AEAI, sur le portail officiel des prescriptions de protection incendie :

  • DPI 20-15, ch. 4.5, al. 1 à 3 : évaluation après 15 ans de service, adaptation à l'état actuel de la technique, annonce à l'autorité pour approbation
  • DPI 20-15, ch. 3.4.1, al. 2 : tout arrêt ou dérangement transmis automatiquement à un poste occupé en permanence
  • DPI 12-15, ch. 4.2 : devoir d'entretien du propriétaire et de l'exploitant

Les deux autres textes ne sont pas édités par l'AEAI et se commandent auprès de leurs éditeurs respectifs :

  • Directive SES SDAI, éd. 01.07.2021, ch. 12.2 : élimination d'un dérangement entreprise dans les 24 heures
  • Directive SES SDAI, ch. 12.6.1 et ch. 12.6.2 (tableau 12) : maintenance au moins annuelle, révision des détecteurs de fumée à 6 ou 8 ans
  • NEPI 108-15, éd. 2020, ch. 7.4, al. 2 : périodicité des tests intégraux par catégorie de risque

La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton peut poser des exigences propres, et le concept de protection incendie validé pour votre objet prime sur toute règle générale.


Mis à jour le 11 août 2026. Cet article est publié à titre informatif. Pour toute question spécifique à votre installation, consultez votre bureau de protection incendie.

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