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Transmission de l'alarme incendie aux sapeurs-pompiers : ce qu'exigent les prescriptions et la directive SES

Une détection qui voit le feu ne sert à rien si l'alerte n'atteint pas les secours. Alarme interne, alarme externe, centre de réception officiel, redondance de la liaison : la chaîne de transmission d'un SDAI, ancrée sur la directive SES.

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Transmission de l'alarme incendie aux sapeurs-pompiers : ce qu'exigent les prescriptions et la directive SES

Détecter ne suffit pas : encore faut-il transmettre

Une installation de détection peut repérer un départ de feu en quelques secondes. Mais cette précocité ne vaut que si l'alarme atteint les bonnes personnes, au bon endroit, sans délai. La transmission est le maillon qui transforme une détection en intervention. La directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » lui consacre plusieurs chapitres, parce qu'une chaîne de transmission mal conçue annule le bénéfice de toute l'installation.

Alarme interne et alarme externe : deux destinataires

Il faut distinguer deux flux dès le départ.

  • L'alarme interne prévient les personnes présentes dans le bâtiment, pour déclencher l'évacuation. Elle passe par les dispositifs sonores et visuels, voire par un système d'évacuation par alarme vocale (voir SDAI et alarme vocale).
  • L'alarme externe prévient les secours. Elle est transmise vers un centre de réception d'alarme officiel, qui relaie l'intervention des sapeurs-pompiers.

Les deux ne se déclenchent pas forcément dans les mêmes conditions ni au même instant : c'est là que se joue l'équilibre entre rapidité et fiabilité.

Le centre de réception d'alarme officiel (ARC)

En Suisse, l'alarme externe est transmise à un centre de réception d'alarme officiel (désigné ARC dans la directive SES). C'est le point d'entrée reconnu pour mobiliser les sapeurs-pompiers : pas un numéro privé ni un simple report local, mais un dispositif de transmission dédié et surveillé en permanence.

Pour les détecteurs d'applications spéciales (environnements atypiques), la directive SES « Système de détection et d'alarme incendie », citée ci-après SES-DT, pose une condition (SES-DT § 8.1 al. 3) : la transmission de l'alarme à l'ARC n'est autorisée que si la sensibilité du détecteur satisfait à la norme européenne EN 54. Cette exigence fixe une condition d'admissibilité de la transmission ; elle ne garantit pas, à elle seule, la véracité de chaque alarme.

Déclencheurs manuels : directement et sans délai

Le cas des déclencheurs manuels d'alarme est sans ambiguïté. Quand une personne actionne un boîtier, elle a vu quelque chose : il n'y a pas lieu de filtrer. La directive l'impose (SES-DT § 7.12 al. 2) : les messages des déclencheurs manuels doivent toujours être transmis directement et sans délai au centre de réception d'alarme officiel, et l'alarme interne doit aussi être activée.

C'est une différence majeure avec les détecteurs automatiques, qui peuvent, eux, passer par une temporisation de vérification, mais seulement dans des conditions strictes détaillées plus bas. Un déclencheur manuel ne se temporise jamais.

Quels asservissements partent avec l'alarme

Transmettre l'alarme, c'est aussi décider quelles actions automatiques accompagnent le signal. La directive distingue trois catégories d'asservissement (SES-DT § 7.12 al. 3 et al. 4) :

Catégorie d'asservissementActivable par un déclencheur manuel ?
À commande sélectiveNon
Collective avec fonction de sécurité (Fail-Safe)Oui
Collective sans fonction de sécurité (sans Fail-Safe)Oui

Les asservissements à commande sélective (action ciblée sur une zone précise) ne doivent pas pouvoir être déclenchés par un simple boîtier manuel, qui ne porte pas l'information de localisation fine. Les asservissements collectifs, eux, le peuvent. Cette logique se formalise dans la matrice d'asservissement.

Redondance et surveillance de la liaison

Une voie de transmission qui tombe en panne sans qu'on le sache est un danger silencieux. La directive impose une surveillance permanente (SES-DT § 10.1 al. 4) : toutes les voies de transmission sont surveillées contre les courts-circuits et les interruptions, et tout dérangement est signalé sur place puis transmis à un poste occupé en permanence.

Pour les systèmes de transmission d'alarme et de dérangement (désignés ATS), la directive prévoit deux niveaux (SES-DT § 18) :

  • transmission sans redondance (§ 18.4.2) : une seule voie ;
  • transmission avec redondance (§ 18.4.3) : deux voies indépendantes, pour qu'une seule défaillance ne coupe pas l'alerte.

Le niveau exigé ne se choisit pas au catalogue. Il découle du concept de protection incendie approuvé, de la classe de transmission retenue pour l'objet et des exigences de l'autorité de protection incendie cantonale, qui peut imposer la redondance là où l'indisponibilité de l'alerte n'est pas acceptable. Une offre qui annonce « une voie » ou « deux voies » sans dire de quelle classe elle parle ni sur quel document elle s'appuie reste incomplète.

Une platine de commande et de signalisation pour sapeurs-pompiers (PSP) complète le dispositif côté intervention, pour guider les équipes à leur arrivée.

Ne pas transmettre n'importe quoi : la vérification d'alarme

Transmettre vite ne veut pas dire transmettre tout. Pour les détecteurs automatiques, des temporisations de vérification permettent de confirmer la réalité d'un message avant de mobiliser les secours, ce qui réduit les déclenchements intempestifs (voir réduire les fausses alarmes).

Ces temporisations ne sont pas un réglage libre. La transmission retardée des alertes incendie à la centrale officielle, au moyen de la commutation de présence et de reconnaissance, n'est autorisée que pendant la phase de présence d'une organisation d'alarme dotée d'un personnel instruit en nombre suffisant, ce qui suppose la présence d'au moins deux personnes instruites (DPI 20-15, ch. 3.4.2 al. 1). Le propriétaire ou l'exploitant doit contrôler immédiatement les signaux d'alerte et intercepter les alarmes intempestives (al. 2). Les limites sont chiffrées : la temporisation de présence ne doit pas excéder 3 minutes, la temporisation de reconnaissance ne doit pas excéder 5 minutes (al. 3). Enfin, ces temporisations ne doivent être activées que manuellement et doivent être automatiquement réglées sur « instantané » à la fin des heures de travail normales, au moins une fois par jour (al. 4). Hors de ces conditions, la transmission est instantanée. L'enjeu est réel : une transmission qui crie au loup érode la crédibilité de tout le système. Le bon réglage se contrôle d'ailleurs dans la durée, au fil des contrôles périodiques.

Ce qu'il faut retenir

  • L'alarme interne prévient les occupants ; l'alarme externe part vers un centre de réception d'alarme officiel (ARC) qui mobilise les pompiers.
  • Les déclencheurs manuels sont transmis directement et sans délai (SES-DT § 7.12), sans temporisation.
  • Trois catégories d'asservissement déterminent ce qui part avec l'alarme ; les sélectifs ne sont pas déclenchés par un boîtier manuel.
  • La liaison est surveillée en permanence et peut être redondante (SES-DT § 18) ; la vérification d'alarme protège des fausses transmissions.
  • La temporisation des détecteurs automatiques n'est admise qu'en présence d'au moins deux personnes instruites, dans la limite de 3 minutes (présence) et 5 minutes (reconnaissance), avec retour automatique sur « instantané » au moins une fois par jour (DPI 20-15, ch. 3.4.2).

Vous fiabilisez une chaîne d'alarme ? Voyez comment sdai.ch aide les chargés de sécurité à documenter détecteurs, asservissements et transmission, au même endroit.


Sources officielles

Vérifié le 12 août 2026. La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton peut exiger davantage, et le concept de protection incendie approuvé pour votre objet prime sur toute règle générale. Cet article ne remplace ni une étude de projet ni une décision de l'autorité.


Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux directives applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente.

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