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Alimentation électrique de sécurité et câblage d'un SDAI : autonomie et résistance au feu

Un SDAI doit fonctionner même réseau coupé. Alimentation principale et de secours, autonomie minimale, dimensionnement de la batterie et cas précis où le maintien de fonction est exigé : les exigences électriques d'une installation de détection, ancrées sur la directive SES et la NEPI 108-15.

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Alimentation électrique de sécurité et câblage d'un SDAI : autonomie et résistance au feu

Pourquoi un SDAI doit rester alimenté réseau coupé

Une détection d'incendie qui s'éteint avec le réseau électrique serait une fausse sécurité : les coupures arrivent souvent en même temps qu'un sinistre. La directive SES impose donc une continuité d'alimentation stricte, dimensionnée pour tenir bien au-delà de l'incident. C'est un volet technique discret, mais c'est lui qui garantit que la centrale, les détecteurs et les asservissements restent opérationnels quand tout le reste lâche.

Alimentation principale et alimentation de secours

La règle de base (SES-DT § 9.2 al. 1) : un système de détection nécessite une alimentation principale et une alimentation de secours. Le réseau électrique sert d'alimentation principale ; une batterie rechargeable sert d'alimentation de secours. Aucun appareil étranger au système ne peut être branché sur cette alimentation (sauf les équipements servant à la protection incendie).

Le raccordement au réseau se fait par un dispositif de protection dédié (un disjoncteur propre), identifié « Système de détection d'incendie » (§ 9.2 al. 3), pour qu'une coupure ailleurs dans le bâtiment ou une intervention de maintenance ne prive pas la détection de courant par erreur.

Autonomie : 12 heures de veille, dont 30 minutes d'alarme

Combien de temps la batterie doit-elle tenir ? La directive est chiffrée, et le contexte de chaque valeur compte autant que la valeur elle-même (SES-DT § 9.2 al. 2) : les accumulateurs sont dimensionnés pour assurer le fonctionnement intégral de l'installation de détection d'incendie, sans alarme incendie, pendant 12 heures. Durant ces mêmes 12 heures, le système doit en plus pouvoir alimenter les dispositifs d'alarme pendant 30 minutes. Les 30 minutes ne s'ajoutent donc pas aux 12 heures : elles en font partie.

Exigence d'autonomie (SES-DT § 9.2 al. 2)ValeurCe que la valeur couvre
Fonctionnement intégral, sans alarme incendie12 heuresVeille de l'installation de détection
Dispositifs d'alarme, compris dans les 12 heures30 minutesDiffusion de l'alarme, pas la veille
Trajet de maintenance supérieur à 100 km ou à 2 heures24 heuresRemplace les 12 heures, pas les 30 minutes

Ces valeurs sont celles de la directive SES pour l'installation de détection elle-même. Elles ne se transposent pas telles quelles aux autres équipements : les installations d'extraction de fumée et de chaleur et les systèmes de mise en surpression relèvent de leur propre exigence d'alimentation de sécurité (DPI 21-15 § 4.9), et une alimentation autonome utilisée pour l'activation manuelle des asservissements doit être conçue pour une durée de fonctionnement correspondant à celle de l'installation de détection implantée (NEPI 108-15 § 5.6 al. 5).

Le cas des sites éloignés

L'autonomie passe à 24 heures (au lieu de 12) lorsque le trajet de maintenance par l'entreprise d'installation compétente reconnue AEAI dépasse 100 km ou 2 heures (SES-DT § 9.2 al. 2). La logique est simple : plus l'intervention est longue à venir, plus la réserve doit durer.

Dimensionner la batterie : un calcul, pas une estimation

La directive donne même l'exemple de calcul (SES-DT § 9.2 al. 2). Pour un système à 12 heures d'autonomie intégrale, avec 5 A de courant de repos et 2 A de courant d'alarme :

(12 h x 5 A) + (0,5 h x 2 A) = 61 Ah

Ce chiffrage évite l'à-peu-près : une batterie sous-dimensionnée donne une fausse impression de sécurité, et une batterie vieillissante perd de sa capacité. C'est l'un des points contrôlés tout au long de la vie de l'installation (voir contrôles périodiques NEPI).

Câblage : lignes séparées, surveillées, conformes EN 54-4

L'alimentation et la transmission ne tolèrent pas l'improvisation. La directive exige des lignes électriques séparées et fixes, ou des voies de transmission équivalentes (SES-DT § 10.1 al. 1). Toutes ces voies sont surveillées contre les courts-circuits et les interruptions, et tout dérangement est signalé sur place puis transmis à un poste occupé en permanence (§ 10.1 al. 4).

Maintien de fonction : une règle précise, pas un principe général

C'est le point le plus souvent résumé de travers. Le maintien de fonction ne s'applique pas indistinctement à tout ce qu'on jugerait « critique » : la directive SES et la NEPI 108-15 désignent des cas précis, avec un niveau exigé qui dépend du bâtiment.

Règle de base, pour les voies de transmission de l'installation de détection. Tous les éléments et voies de transmission du système de détection doivent être installés dans l'étendue de la surveillance. Si les voies de transmission cheminent hors de l'étendue de la surveillance ou dans des zones exceptées, elles doivent être réalisées avec un maintien de fonction correspondant à la résistance au feu du système porteur du bâtiment, mais au moins E30 (SES-DT § 10.1 al. 6 ; NEPI 108-15 § 5.3 al. 4). Le niveau n'est donc pas « E30 » par défaut : E30 est le plancher, et un système porteur plus résistant tire l'exigence vers le haut.

L'exception qui change tout : la position sûre atteinte d'elle-même. Lorsqu'une interruption de la voie de transmission place automatiquement l'équipement asservi dans la position ou le fonctionnement sûrs prévus en cas d'incendie, on peut renoncer au maintien de fonction pour cette voie ; sinon, il faut le réaliser au niveau décrit ci-dessus (SES-DT § 10.1 al. 10 ; NEPI 108-15 § 5.4 al. 1). C'est le cas typique des clapets et des portes coupe-feu, qui se ferment mécaniquement. À l'inverse, les équipements qui n'adoptent pas seuls cette position sûre doivent disposer d'un détecteur de tension, et toute interruption d'alimentation est signalée comme dérangement collectif et transmise à un poste occupé en permanence (§ 10.1 al. 5).

Trois précisions utiles sur le terrain, toutes issues de la NEPI 108-15 :

  • pour un élément raccordé par un câble d'appareil (servomoteur de clapet, par exemple), le maintien de fonction est garanti jusqu'au point de raccordement, dans un rayon maximal de 5 m à partir de l'élément ; le câble d'appareil et la boîte de dérivation en sont dispensés s'ils se trouvent dans le même compartiment coupe-feu que l'élément asservi (§ 5.5.1 al. 5) ;
  • pour les moteurs qui doivent fonctionner pendant la durée d'exploitation attendue (extracteurs de fumée, pompes de surpression, ascenseurs pour sapeurs-pompiers), la voie de transmission est réalisée avec maintien de fonction jusqu'aux bornes du moteur, sauf si elle reste dans le même compartiment coupe-feu que l'armoire de commande (§ 5.5.1 al. 6) ;
  • les voies de transmission situées dans les espaces vides de faible hauteur au-dessus des faux plafonds (moins de 0,15 m) ou sous les faux planchers (moins de 0,20 m) ne demandent aucun maintien de fonction si elles se trouvent dans un local surveillé (SES-DT § 10.1 al. 7).

Enfin, l'ensemble de l'alimentation électrique doit être réalisé conformément à la norme EN 54-4 (SES-DT § 9.2 al. 4). Ces exigences se vérifient à la réception et à la mise en service, où l'on teste notamment le comportement en cas de coupure du réseau, et se relisent ensuite dans la matrice d'asservissement pour les organes alimentés.

Ce qu'il faut retenir

  • Un SDAI a une alimentation principale (réseau) et de secours (batterie), sur un disjoncteur dédié (SES-DT § 9.2).
  • L'autonomie est de 12 heures de fonctionnement intégral sans alarme, dont 30 minutes pour les dispositifs d'alarme ; 24 heures si le trajet de maintenance dépasse 100 km ou 2 heures.
  • La batterie se dimensionne par le calcul (exemple normatif : 61 Ah), pas à l'estimation.
  • Le maintien de fonction vise des cas définis, notamment les voies de transmission hors étendue de surveillance (au minimum E30, davantage si le système porteur l'exige), et non « les circuits critiques » en général.
  • Il tombe lorsqu'une interruption place d'elle-même l'équipement en position sûre ; sinon, un détecteur de tension et une annonce de dérangement sont exigés.

Vous équipez ou reprenez une installation ? Voyez comment sdai.ch outille les installateurs SDAI pour documenter alimentation, câblage et essais au même endroit.


Vérifié le 11 août 2026. Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue ni au concept de protection incendie approuvé, ni à l'appréciation de l'autorité de protection incendie cantonale, qui peuvent fixer des exigences particulières pour un ouvrage donné. Le dimensionnement et sa validation relèvent des professionnels compétents. Sources : directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021, ch. 9 et 10 ; document technique de l'association, non librement téléchargeable, voir sicher-ses.ch), NEPI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie » (édition 2020, état 01.08.2022), DPI 21-15 « Installations d'extraction de fumée et de chaleur » et norme EN 54-4.

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