Pourquoi un SDAI ne tombe jamais en panne de courant
Une détection d'incendie qui s'éteint avec le réseau électrique serait une fausse sécurité : les coupures arrivent souvent en même temps qu'un sinistre. La directive SES impose donc une continuité d'alimentation stricte, dimensionnée pour tenir bien au-delà de l'incident. C'est un volet technique discret, mais c'est lui qui garantit que la centrale, les détecteurs et les asservissements restent opérationnels quand tout le reste lâche.
Alimentation principale et alimentation de secours
La règle de base (SES-DT § 9.2 al. 1) : un système de détection nécessite une alimentation principale et une alimentation de secours. Le réseau électrique sert d'alimentation principale ; une batterie rechargeable sert d'alimentation de secours. Aucun appareil étranger au système ne peut être branché sur cette alimentation (sauf les équipements servant à la protection incendie).
Le raccordement au réseau se fait par un dispositif de protection dédié (un disjoncteur propre), identifié « Système de détection d'incendie » (§ 9.2 al. 3), pour qu'une coupure ailleurs dans le bâtiment ou une intervention de maintenance ne prive jamais la détection de courant par erreur.
Autonomie : 12 heures, plus 30 minutes d'alarme
Combien de temps la batterie doit-elle tenir ? La directive est chiffrée (SES-DT § 9.2 al. 2) : les accumulateurs sont dimensionnés pour assurer le fonctionnement intégral de l'installation, sans alarme, pendant 12 heures. Et durant ces 12 heures, le système doit en plus pouvoir alimenter les dispositifs d'alarme pendant 30 minutes.
| Exigence d'autonomie (SES-DT § 9.2) | Valeur |
|---|
| Fonctionnement sans alarme | 12 heures |
| Dispositifs d'alarme (compris dans les 12 h) | 30 minutes |
| Sites éloignés (maintenance > 100 km ou > 2 h) | 24 heures |
Le cas des sites éloignés
L'autonomie passe à 24 heures (au lieu de 12) lorsque le trajet de maintenance par l'entreprise d'installation compétente reconnue AEAI dépasse 100 km ou 2 heures (SES-DT § 9.2 al. 2). La logique est simple : plus l'intervention est longue à venir, plus la réserve doit durer.
Dimensionner la batterie : un calcul, pas une estimation
La directive donne même l'exemple de calcul (SES-DT § 9.2 al. 2). Pour un système à 12 heures d'autonomie intégrale, avec 5 A de courant de repos et 2 A de courant d'alarme :
(12 h x 5 A) + (0,5 h x 2 A) = 61 Ah
Ce chiffrage évite l'à-peu-près : une batterie sous-dimensionnée donne une fausse impression de sécurité, et une batterie vieillissante perd de sa capacité. C'est l'un des points contrôlés tout au long de la vie de l'installation (voir contrôles périodiques NEPI).
Câblage : lignes séparées, surveillées, conformes EN 54-4
L'alimentation et la transmission ne tolèrent pas l'improvisation. La directive exige des lignes électriques séparées et fixes, ou des voies de transmission équivalentes (SES-DT § 10.1 al. 1). Toutes ces voies sont surveillées contre les courts-circuits et les interruptions, et tout dérangement est signalé sur place puis transmis à un poste occupé en permanence (§ 10.1 al. 4). Sur les circuits critiques, on recourt à des câbles à maintien de fonction, qui continuent d'assurer leur rôle pendant l'incendie.
Enfin, l'ensemble de l'alimentation électrique doit être réalisé conformément à la norme EN 54-4 (SES-DT § 9.2 al. 4). Ces exigences se vérifient à la réception et à la mise en service, où l'on teste notamment le comportement en cas de coupure du réseau, et se relisent ensuite dans la matrice d'asservissement pour les organes alimentés.
Ce qu'il faut retenir
- Un SDAI a une alimentation principale (réseau) et de secours (batterie), sur un disjoncteur dédié (SES-DT § 9.2).
- L'autonomie est de 12 heures sans alarme, dont 30 minutes pour les dispositifs d'alarme ; 24 heures si la maintenance est éloignée.
- La batterie se dimensionne par le calcul (exemple normatif : 61 Ah), pas à l'estimation.
- Les voies sont séparées, fixes et surveillées ; l'alimentation est conforme EN 54-4.
Vous équipez ou reprenez une installation ? Voyez comment sdai.ch outille les installateurs SDAI pour documenter alimentation, câblage et essais au même endroit.
Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux directives applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente. Référence : directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021, ch. 9 et 10) et norme EN 54-4.