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GUIDES

Réception et mise en service d'une installation SDAI : étapes, essais et PV

La réception initiale d'un SDAI n'est pas le contrôle périodique. Documentation à remettre, tests individuels puis test intégral, contrôle de l'autorité et procès-verbal : la chaîne complète, ancrée sur la NEPI 108-15 et la directive SES.

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Réception et mise en service d'une installation SDAI : étapes, essais et PV

Réception n'est pas contrôle périodique

Sur le terrain, deux notions sont régulièrement confondues : la réception (la mise en service initiale, une fois l'installation achevée) et le contrôle périodique (les vérifications récurrentes pendant l'exploitation). Ce guide traite de la première : ce qui se passe entre la fin du montage et le moment où le bâtiment peut être occupé en toute sécurité.

La distinction n'est pas qu'académique. La réception engage une chaîne documentaire précise, des essais en deux temps et un contrôle de l'autorité que l'on prépare longtemps à l'avance. La rater, c'est repousser l'occupation du bâtiment.

Ce guide décrit la procédure. Pour les erreurs concrètes qui font échouer la journée elle-même, voir Réception SDAI : les 7 pièges qui font échouer le jour J.

Deux chaînes distinctes, deux textes différents

Avant d'entrer dans le détail, il faut séparer deux processus que le langage courant fond en un seul « la réception » :

Réception de l'installation de détection (SDAI)Tests des asservissements incendie
Texte de référenceDPI 20-15 « Installations de détection d'incendie » et directive SESNEPI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie »
PortéeToute installation de détection soumise à annonceBâtiments avec détection et/ou sprinklers qui disposent d'équipements de protection incendie asservis
Pièce maîtresseFormulaire AEAI « Attestation d'installation », puis contrôle de réception (DPI 20-15 § 4.1 al. 2 et § 4.2)Tests individuels puis tests intégraux, consignés en procès-verbal (NEPI § 6.4)
Rôle de l'autoritéLe contrôle de réception a lieu une fois l'attestation remiseL'autorité peut effectuer des contrôles de réception et par échantillonnage (NEPI § 8.2 al. 2)

Cette séparation a une conséquence pratique immédiate : un bâtiment équipé d'une détection sans équipement asservi suit la chaîne de gauche, sans test intégral au sens de la NEPI. Celle-ci précise d'ailleurs que les bâtiments qui ne disposent que d'activations individuelles ne relèvent pas de son champ d'application (NEPI § 1 al. 2). À l'inverse, dès qu'il y a des asservissements, les deux chaînes se déroulent en parallèle et doivent être planifiées ensemble.

Avant la réception : la documentation à remettre

Avant la réception de l'ouvrage, une documentation complète sur les asservissements incendie doit être remise aux propriétaires et exploitants, et déposée sur place (près de la centrale de détection). La NEPI 108-15 § 7.5 en fixe le contenu minimal (15 pièces, let. a à o) ; en voici les principales :

  • le concept final concernant les asservissements incendie ;
  • les plans des zones et le principe de l'installation ;
  • la matrice des asservissements incendie ;
  • la documentation de l'activation automatique et manuelle (et électrique) ;
  • pour les systèmes logiciels, la documentation et la programmation ;
  • le script et le programme des tests intégraux ;
  • les plans de maintenance, le cahier des charges du responsable et le livret de contrôle.

Côté installation de détection elle-même, la directive SES (SES-DT § 11.1) impose la remise du dossier technique et du livre de contrôle (déposé près de l'équipement de contrôle et de signalisation, éventuellement sous forme cloud) : règlement des responsabilités, journal d'événements, schéma de principe, mode d'emploi succinct et informations sur la transmission d'alarme.

À noter

La documentation n'est pas un livrable de fin de chantier que l'on assemble après coup : le script et le programme des tests intégraux doivent exister avant les essais, puisque ces derniers s'appuient dessus.

Les essais des asservissements : d'abord individuels, ensuite intégraux

Cette section relève de la seconde chaîne : elle ne concerne que les bâtiments dotés d'équipements de protection incendie asservis. Côté détection, la directive SES exige des tests approfondis (matériel et logiciel) garantissant la fonctionnalité de chaque élément : détecteurs automatiques et manuels, activation des contacts de sortie, alarme interne et externe (SES-DT § 11). La NEPI structure les essais d'asservissements en deux temps.

1. Les tests individuels (NEPI § 6.4.1). Le monteur met en service et règle l'installation, puis établit une confirmation d'achèvement (attestation d'installation, procès-verbal de mesure). Le conducteur technique des travaux procède ensuite à la pré-réception du domaine concerné, consignée dans un procès-verbal, et fait éliminer les défauts.

2. Le test intégral (NEPI § 6.4.2). Il vérifie le bon état de fonctionnement de tous les asservissements, une fois tous les domaines achevés. Il s'appuie sur la documentation, se consigne dans un procès-verbal, et ne devrait commencer (la NEPI le formule en recommandation, § 6.4.2 al. 4) que quand certaines conditions préalables sont réunies :

Condition (NEPI § 6.4.2 al. 4)Exigence
DétectionÉquipements entièrement montés, tests individuels réussis et consignés
Équipements asservisIdem (volets, portes, désenfumage…)
Voies de transmissionActivation automatique et manuelle testées et consignées
Alimentation de sécuritéEntièrement montée et prête
BâtimentDans un état permettant de tester comme en exploitation réelle

Le test intégral couvre toutes les zones d'activation, en automatique comme en manuel (NEPI § 6.4.2 al. 5), et inclut un test de black-out, c'est-à-dire le débranchement de l'approvisionnement normal en électricité, pendant lequel le fonctionnement conforme des asservissements doit rester garanti (§ 6.4.2 al. 6). Ces trois exigences ont un périmètre précis : elles portent sur les asservissements incendie du bâtiment, pas sur l'installation de détection prise isolément, dont les fonctions relèvent des tests individuels et de la directive SES. Les propriétaires et exploitants devraient participer aux tests intégraux. C'est le responsable global des asservissements (NEPI § 6.1) qui en planifie, conduit et documente le déroulement : un délai contraignant doit d'ailleurs être réservé au programme des travaux pour les tests et l'élimination des défauts.

Le rôle de SIA 2046

Le test intégral ne concerne pas que le SDAI : il coordonne l'ensemble des systèmes techniques du bâtiment. C'est l'objet du cahier technique SIA 2046 « Tests intégraux des systèmes des installations du bâtiment », qui structure la démarche en trois pièces : programme de test, déroulement et procès-verbal. Pour le volet incendie, SIA 2046 et la NEPI se complètent : la NEPI porte les exigences propres aux asservissements, SIA 2046 orchestre l'essai au moment de la réception et de la mise en service, à l'interface de tous les corps de métier.

Le contrôle de l'autorité et le procès-verbal

Une fois les essais réussis, place au contrôle officiel. Ici encore, chaque pièce appartient à l'une ou l'autre des deux chaînes.

Côté installation de détection (SDAI)

  • Attestation d'installation : lorsque l'installation est achevée, l'autorité doit en être informée à temps avant la réception, au moyen du formulaire AEAI « Attestation d'installation d'installations de détection » (DPI 20-15 § 4.1 al. 2). Sa remise confirme la conformité du SDAI aux directives ; les éventuels écarts y figurent (SES-DT § 11.3).
  • Contrôle de réception : une fois ce formulaire remis, les installations de détection d'incendie sont soumises à un contrôle de réception (DPI 20-15 § 4.2). L'autorité compétente l'effectue en présence de l'installateur (et, si possible, de l'entreprise d'étude et du responsable de l'installation) ; il détermine si les prescriptions sont respectées et si le système remplit sa fonction. Attention : ce contrôle ne dégage pas l'entreprise spécialisée de sa responsabilité (SES-DT § 11.3).
  • PV de remise : un procès-verbal de réception est rédigé et signé par les deux parties lors de la remise au client (SES-DT § 11.2).

Côté asservissements incendie

  • Information de l'autorité : avant la réception de l'ouvrage, il faut informer l'autorité de protection incendie de l'achèvement des asservissements ; sur demande, lui soumettre les procès-verbaux des tests intégraux réussis (NEPI § 8.2 al. 1). Si l'autorité l'exige, les concepts d'asservissements lui sont soumis encore plus tôt, avant la fin du gros œuvre ou avant le début de l'exécution de l'installation (NEPI § 8.1).
  • Contrôles éventuels : l'autorité peut effectuer des contrôles de réception et des contrôles par échantillonnage (NEPI § 8.2 al. 2). La formulation diffère de celle du SDAI, où le contrôle de réception est la règle après remise de l'attestation.
  • Responsabilité : le responsable global des asservissements ainsi que les propriétaires et exploitants restent responsables du fonctionnement correct et de l'état de fonctionnement des asservissements (NEPI § 8.2 al. 3).

Après l'achèvement et la réception, la responsabilité de garantir l'état de fonctionnement des asservissements passe aux propriétaires et exploitants (NEPI § 7.1 al. 2). La boucle se referme alors vers le test intégral périodique, qui prend le relais pendant l'exploitation.

Checklist de réception

Les points 2 à 5 ne s'appliquent qu'aux bâtiments comportant des équipements de protection incendie asservis.

  1. Documentation complète prête et déposée sur place (NEPI § 7.5, SES-DT § 11.1).
  2. Script et programme des tests intégraux établis.
  3. Tests individuels effectués, défauts éliminés, pré-réception consignée.
  4. Conditions préalables au test intégral réunies (montage, alimentation, état du bâtiment).
  5. Test intégral réalisé sur toutes les zones d'activation, en automatique et en manuel, black-out inclus, consigné.
  6. Matrice des asservissements à jour et conforme à l'installation réelle.
  7. Autorité informée, attestation d'installation remise, contrôle de réception du SDAI planifié.
  8. PV de réception signé par les deux parties.

Ce qu'il faut retenir

  • La réception est la mise en service initiale, distincte du contrôle périodique : elle a sa propre chaîne documentaire et ses propres essais.
  • Deux chaînes coexistent : l'attestation d'installation et le contrôle de réception portent sur le SDAI (DPI 20-15 § 4.1 et § 4.2) ; les tests individuels et intégraux relèvent de la NEPI 108-15 et concernent les bâtiments dotés d'équipements asservis.
  • Les essais d'asservissements vont du particulier au général : tests individuels (§ 6.4.1) puis test intégral (§ 6.4.2), sur toutes les zones d'activation, en automatique et en manuel, black-out compris.
  • SIA 2046 coordonne l'essai intégral entre corps de métier ; la NEPI porte les exigences propres aux asservissements.
  • Le contrôle de l'autorité et le PV signé par les deux parties closent la réception, mais ne déchargent pas l'entreprise de sa responsabilité.

Vous préparez une réception ? Voyez comment sdai.ch outille les installateurs SDAI : documentation, matrice et procès-verbaux structurés selon les référentiels applicables, au même endroit. La checklist de réception est aussi téléchargeable gratuitement (PDF 1 page, FR/DE).


Vérifié le 11 août 2026. Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue ni au concept de protection incendie approuvé, ni à l'appréciation de l'autorité de protection incendie cantonale, qui peuvent fixer des exigences particulières pour un ouvrage donné. La conduite de la réception relève des professionnels compétents. Sources officielles : NEPI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie » (édition 2020, état 01.08.2022) et DPI 20-15 « Installations de détection d'incendie » ; directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021) et cahier technique SIA 2046.

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