Maintenance d'une installation SDAI : contrôles, révisions et obligations de l'exploitant
Qui entretient la détection incendie, à quelle fréquence, et que se passe-t-il en cas de dérangement ? Contrôles réguliers, maintenance annuelle, révision des détecteurs à 6 ou 8 ans, tests intégraux : les obligations, ancrées sur la directive SES et la note NEPI 108-15.

L'entretien n'est pas une option
La directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021) consacre son chapitre 12 à la garantie de l'état de fonctionnement, pour les installations neuves comme existantes. La responsabilité de départ est limpide : c'est le propriétaire ou l'exploitant qui doit assurer la capacité de fonctionnement du SDAI par une maintenance adéquate (§ 12.1). Les travaux de maintenance et de réparation sont confiés à une entreprise spécialisée reconnue par l'AEAI pour le système concerné, et réglés par contrat. L'entreprise instruit l'exploitant sur son installation ; l'exploitant, de son côté, informe périodiquement son personnel.
Trois niveaux d'entretien à distinguer
- Contrôles de fonctionnement et contrôles visuels (§ 12.5) : réguliers, effectués sur place par l'entreprise spécialisée ou une personne compétente instruite ; les contrôles visuels sont de préférence réalisés par l'exploitant. L'étendue et la fréquence suivent le tableau 10 de la directive.
- Maintenance (§ 12.6.1) : sur place, au moins une fois par année, par l'entreprise spécialisée, avec contrôle complet du système.
- Révision des détecteurs (§ 12.6.2) : remplacement ou retour en usine à intervalle fixe, pour nettoyer la chambre de mesure et rétablir le seuil de réponse initial.
Ce que contient la maintenance annuelle
Le tableau 11 de la directive liste les activités minimales. Parmi les plus structurantes : déclencher un détecteur par ligne de détection (sur test) et tous les déclencheurs manuels, tester la transmission d'alarme vers le centre de réception officiel, contrôler les dispositifs d'alarme en alimentation de secours (audibilité d'au moins 65 dB), tester les accumulateurs, contrôler les plans d'intervention des sapeurs-pompiers et mettre à jour le livre de contrôle.
Détail qui surprend souvent : au titre de la maintenance, les asservissements incendie ne sont testés que tous les 2 ans, jusqu'à l'interface du système et conformément à la matrice d'asservissement prédéfinie. Autre exigence concrète : si les travaux impliquent des interruptions de l'installation, l'exploitant doit en être informé par écrit au moins 3 jours à l'avance, pour organiser les mesures compensatoires.
Révision des détecteurs : 6 ou 8 ans
Le tableau 12 fixe la durée de fonctionnement maximale des détecteurs de fumée jusqu'à la révision en usine ou l'échange :
- détecteur ponctuel sans surveillance intrinsèque : 6 ans ;
- détecteur ponctuel avec autosurveillance : 8 ans (valable aussi pour les détecteurs d'étincelles) ;
- détection de fumée par aspiration : 8 ans.
Les détecteurs de chaleur se remplacent selon les influences environnementales et l'encrassement ; les autres principes de détection (capteurs CO, par exemple) suivent les spécifications du fabricant.
Dérangements : la règle des 24 heures
Un dérangement n'attend pas la prochaine visite annuelle. Tout arrêt ou dérangement de l'installation de détection ou de la ligne de transmission déclenche un signal visuel et sonore, transmis automatiquement, sans temporisation, à un poste occupé en permanence, par exemple un centre de réception d'alarme (DPI 20-15, ch. 3.4.1 al. 2). Ce qui est encadré dans le temps, c'est la suite : l'élimination du dérangement doit pouvoir être entreprise dans les 24 heures, et l'entreprise spécialisée doit disposer d'une organisation de maintenance capable de tenir ce délai (directive SES, § 12.2 et § 12.7).
Pour la mise hors service ou la panne concernée, des mesures de sécurité compensatoires adaptées sont définies selon son étendue et sa durée. Une interruption susceptible de dépasser 24 heures est annoncée selon les délais applicables : à l'avance si elle est prévisible, ou dès que ce risque apparaît si elle est imprévue. L'exploitant transmet alors le formulaire AEAI « Mise hors service / mise en service des installations de détection » à l'autorité de protection incendie et aux sapeurs-pompiers (§ 12.4).
Deux situations sont à distinguer, et on les confond souvent. Une interruption prévisible susceptible de dépasser 24 heures, typiquement des travaux planifiés, s'annonce à l'avance. Une interruption imprévue, elle, s'annonce dès qu'il apparaît qu'elle risque de dépasser 24 heures : on ne peut évidemment pas la planifier, mais on ne peut pas non plus attendre la fin du délai pour prévenir. Dans les deux cas, l'annonce à l'autorité et aux sapeurs-pompiers est ce qui permet d'adapter le dispositif d'intervention pendant l'indisponibilité.
Tests intégraux : tous les 2, 4 ou 6 ans
La maintenance annuelle ne remplace pas le test intégral. La note explicative NEPI 108-15 (§ 7.4) rend propriétaires et exploitants responsables d'effectuer et de consigner des tests intégraux périodiques, selon la catégorie de risque :
- catégorie 1 (risque élevé) : au moins tous les 2 ans, pour les ouvrages avec extraction de fumée et de chaleur avec preuve de performance et installations de mise en surpression ;
- catégorie 2 (risque moyen) : au moins tous les 4 ans, notamment pour les établissements d'hébergement de type [a] ou [b] ;
- catégorie 3 (risque faible) : au moins tous les 6 ans pour les autres ouvrages.
Qui fait quoi, en résumé
L'exploitant garantit le fonctionnement permanent, désigne une personne compétente, tient le livre de contrôle et prend les mesures compensatoires. L'entreprise spécialisée exécute contrôles et maintenance sous contrat et engage l'élimination du dérangement dans le délai applicable. L'autorité garde la main par les contrôles périodiques. Entre la maintenance annuelle, les révisions à 6 ou 8 ans et les tests intégraux à 2, 4 ou 6 ans, le vrai risque n'est pas de mal faire : c'est d'oublier une échéance.
Ce qu'il faut retenir
- La maintenance du SDAI se fait sur place au moins une fois par année, par une entreprise reconnue AEAI, sous contrat (directive SES § 12.6.1).
- Révision des détecteurs de fumée : 6 ans sans autosurveillance, 8 ans avec autosurveillance ou par aspiration (tableau 12).
- Un dérangement est transmis automatiquement, sans temporisation, à un poste occupé en permanence (DPI 20-15, ch. 3.4.1 al. 2) ; son élimination doit être entreprise dans les 24 heures, et au-delà de 24 heures d'indisponibilité, formulaire AEAI à l'autorité (§ 12.2 et 12.4).
- Tests intégraux périodiques tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque (NEPI 108-15 § 7.4).
Vous suivez les échéances de plusieurs installations ? Voyez comment sdai.ch outille les chargés de sécurité pour tenir contrôles, dérangements et tests intégraux dans un seul suivi.
Sources officielles
- Directive de protection incendie AEAI 20-15 « Installations de détection d'incendie », édition 01.01.2017, état 23.01.2019 : ch. 3.4.1 al. 2 (transmission automatique d'un arrêt ou d'un dérangement), ch. 4.4 (contrôles périodiques).
- Note explicative de protection incendie AEAI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie », édition 01.01.2020, état 01.08.2022 : ch. 4, ch. 7.4 al. 2 (périodicité des tests intégraux).
- Directive SES « Système de détection et d'alarme incendie », édition 01.07.2021, chapitre 12 : ch. 12.1, 12.2, 12.4, 12.5, 12.6.1, 12.6.2 et tableaux 10 à 12, ch. 12.7. Document à se procurer auprès de l'association SES.
- Portail officiel des prescriptions de protection incendie AEAI
Vérifié le 12 août 2026. La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton peut exiger davantage, et le concept de protection incendie approuvé pour votre objet prime sur toute règle générale. Cet article ne remplace ni une étude de projet ni une décision de l'autorité.
Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux directives applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente.