L'entretien n'est pas une option
La directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021) consacre son chapitre 12 à la garantie de l'état de fonctionnement, pour les installations neuves comme existantes. La responsabilité de départ est limpide : c'est le propriétaire ou l'exploitant qui doit assurer la capacité de fonctionnement du SDAI par une maintenance adéquate (§ 12.1). Les travaux de maintenance et de réparation sont confiés à une entreprise spécialisée reconnue par l'AEAI pour le système concerné, et réglés par contrat. L'entreprise instruit l'exploitant sur son installation ; l'exploitant, de son côté, informe périodiquement son personnel.
Trois niveaux d'entretien à distinguer
- Contrôles de fonctionnement et contrôles visuels (§ 12.5) : réguliers, effectués sur place par l'entreprise spécialisée ou une personne compétente instruite ; les contrôles visuels sont de préférence réalisés par l'exploitant. L'étendue et la fréquence suivent le tableau 10 de la directive.
- Maintenance (§ 12.6.1) : sur place, au moins une fois par année, par l'entreprise spécialisée, avec contrôle complet du système.
- Révision des détecteurs (§ 12.6.2) : remplacement ou retour en usine à intervalle fixe, pour nettoyer la chambre de mesure et rétablir le seuil de réponse initial.
Ce que contient la maintenance annuelle
Le tableau 11 de la directive liste les activités minimales. Parmi les plus structurantes : déclencher un détecteur par ligne de détection (sur test) et tous les déclencheurs manuels, tester la transmission d'alarme vers le centre de réception officiel, contrôler les dispositifs d'alarme en alimentation de secours (audibilité d'au moins 65 dB), tester les accumulateurs, contrôler les plans d'intervention des sapeurs-pompiers et mettre à jour le livre de contrôle.
Détail qui surprend souvent : au titre de la maintenance, les asservissements incendie ne sont testés que tous les 2 ans, jusqu'à l'interface du système et conformément à la matrice d'asservissement prédéfinie. Autre exigence concrète : si les travaux impliquent des interruptions de l'installation, l'exploitant doit en être informé par écrit au moins 3 jours à l'avance, pour organiser les mesures compensatoires.
Révision des détecteurs : 6 ou 8 ans
Le tableau 12 fixe la durée de fonctionnement maximale des détecteurs de fumée jusqu'à la révision en usine ou l'échange :
- détecteur ponctuel sans surveillance intrinsèque : 6 ans ;
- détecteur ponctuel avec autosurveillance : 8 ans (valable aussi pour les détecteurs d'étincelles) ;
- détection de fumée par aspiration : 8 ans.
Les détecteurs de chaleur se remplacent selon les influences environnementales et l'encrassement ; les autres principes de détection (capteurs CO, par exemple) suivent les spécifications du fabricant.
Dérangements : la règle des 24 heures
Un dérangement n'attend pas la prochaine visite annuelle. La directive encadre précisément la réaction (§ 12.2) : un dérangement doit être quittancé dans un délai de 3 à 5 minutes, faute de quoi il est transmis automatiquement à un poste occupé en permanence ; sa réparation doit être entreprise dans les 24 heures. L'entreprise spécialisée doit disposer d'une organisation de maintenance capable de tenir ce délai (§ 12.7).
Pendant un dérangement ou une mise hors service, même brefs, des mesures de sécurité compensatoires s'imposent. Et au-delà de 24 heures, l'exploitant transmet le formulaire AEAI « Mise hors service / mise en service des installations de détection » à l'autorité de protection incendie et aux sapeurs-pompiers (§ 12.4).
Tests intégraux : tous les 2, 4 ou 6 ans
La maintenance annuelle ne remplace pas le test intégral. La note explicative AEAI 108-15 (§ 7.4) rend propriétaires et exploitants responsables d'effectuer et de consigner des tests intégraux périodiques, selon la catégorie de risque :
- catégorie 1 (risque élevé) : au moins tous les 2 ans, pour les ouvrages avec extraction de fumée et de chaleur avec preuve de performance et installations de mise en surpression ;
- catégorie 2 (risque moyen) : au moins tous les 4 ans, notamment pour les établissements d'hébergement de type [a] ou [b] ;
- catégorie 3 (risque faible) : au moins tous les 6 ans pour les autres ouvrages.
Qui fait quoi, en résumé
L'exploitant garantit le fonctionnement permanent, désigne une personne compétente, tient le livre de contrôle et prend les mesures compensatoires. L'entreprise spécialisée exécute contrôles et maintenance sous contrat et intervient sous 24 heures en cas de dérangement. L'autorité garde la main par les contrôles périodiques. Entre la maintenance annuelle, les révisions à 6 ou 8 ans et les tests intégraux à 2, 4 ou 6 ans, le vrai risque n'est pas de mal faire : c'est d'oublier une échéance.
Ce qu'il faut retenir
- La maintenance du SDAI se fait sur place au moins une fois par année, par une entreprise reconnue AEAI, sous contrat (directive SES § 12.6.1).
- Révision des détecteurs de fumée : 6 ans sans autosurveillance, 8 ans avec autosurveillance ou par aspiration (tableau 12).
- Un dérangement doit être pris en charge dans les 24 heures ; au-delà de 24 heures d'indisponibilité, formulaire AEAI à l'autorité (§ 12.2 et 12.4).
- Tests intégraux périodiques tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque (AEAI 108-15 § 7.4).
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Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux directives applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente. Références : directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021, chapitre 12) et note explicative AEAI 108-15.