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GUIDES

Qu'est-ce qu'un SDAI ? Composants, fonctionnement et rôle : le guide complet

Détecteurs, centrale DI, alimentation de secours, transmission aux pompiers, asservissements : de quoi se compose vraiment un système de détection et d'alarme incendie, comment il fonctionne, et quel rôle il joue dans la protection incendie d'un bâtiment suisse.

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Qu'est-ce qu'un SDAI ? Composants, fonctionnement et rôle : le guide complet

SDAI est l'abréviation de système de détection et d'alarme incendie. C'est le terme employé par la directive SES, qui fixe l'état de la technique en Suisse ; les prescriptions de protection incendie de l'AEAI, elles, parlent d'installation de détection d'incendie. Les deux désignent le même objet : l'ensemble des équipements qui décèlent automatiquement un début d'incendie, le signalent, alertent les personnes en danger et les sapeurs-pompiers, et qui peuvent en outre commander d'autres équipements de protection incendie.

De quoi se compose un SDAI ?

Le noyau d'un SDAI, ce sont les détecteurs et les déclencheurs manuels d'alarme, la centrale qui traite leurs signaux, et l'alarme. Les autres éléments souvent présentés comme faisant partie du système, tableau de commande pour les sapeurs-pompiers, asservissements, alarme vocale, dépendent de la taille de l'installation et du concept de protection incendie approuvé.

Un SDAI n'est pas une simple boîte au mur. C'est une chaîne d'éléments qui travaillent ensemble.

Au premier plan, les détecteurs. Les détecteurs automatiques réagissent à un paramètre du feu, la fumée, la chaleur ou le rayonnement des flammes, tandis que les déclencheurs manuels permettent à une personne de donner l'alarme volontairement. Le type et la disposition des détecteurs dépendent de l'affectation, des conditions d'environnement, de la configuration des locaux et de l'aire de surveillance (DPI 20-15, ch. 3.1 al. 2). La même directive demande d'accorder plus d'attention à l'immunité contre les fausses alarmes qu'à une sensibilité inutilement élevée, sans pour autant dégrader cette sensibilité là où la sécurité des personnes est en jeu (ch. 3.1 al. 3).

Au coeur du système, la centrale de signalisation d'incendie, appelée couramment centrale DI et désignée par les normes EN 54 comme équipement de contrôle et de signalisation. Elle reçoit les informations des détecteurs, les interprète, affiche l'état de l'installation et pilote l'alarme. Les exigences d'architecture de la directive SES sont conditionnelles, et non valables pour chaque installation : au-delà de 512 détecteurs ou déclencheurs manuels raccordés à un même équipement, celui-ci doit encore signaler au moins l'état de la détection en cas de défaillance, selon EN 54-2 ; la défaillance d'une ligne de détection ne doit pas se répercuter sur plus de 32 détecteurs ou déclencheurs manuels, et une ligne bouclée en admet 128 au maximum (directive SES, ch. 2.1).

Le tableau de commande et de signalisation n'est pas universel : il est exigé pour les installations comptant plus d'un groupe de détection, et doit alors se trouver en un lieu sûr, d'accès aisé pour les sapeurs-pompiers (DPI 20-15, ch. 3.3 al. 1). La platine de commande et de signalisation pour sapeurs-pompiers répond à la norme SN 054002 ; lorsqu'elle n'est pas intégrée ou connectée directement au terminal du SDAI, sa liaison doit présenter un maintien de fonction E30 (directive SES, ch. 2.1 al. 15). Quant à l'alimentation, la directive AEAI renvoie aux spécifications techniques reconnues par l'AEAI plutôt que de la détailler elle-même (DPI 20-15, ch. 3.8.1 al. 1).

Enfin, l'alarme. Tout signal provenant des détecteurs doit déclencher une alarme interne et une alarme externe, celle-ci étant transmise directement à la centrale officielle d'alarme incendie (DPI 20-15, ch. 3.4.1 al. 1). Cette règle connaît des exceptions : l'annexe de la directive admet, pour les établissements d'hébergement isolés du type [c] comme les refuges de montagne, de renoncer à cette transmission sous réserve de l'approbation de l'autorité de protection incendie.

Comment fonctionne un SDAI, étape par étape ?

Un détecteur perçoit un paramètre anormal, la centrale localise l'événement grâce au découpage en groupes de détection, puis déclenche l'alarme interne et l'alarme externe. Les asservissements, eux, ne suivent pas automatiquement : la directive prévoit que les installations peuvent aussi servir à actionner d'autres équipements de protection incendie, ce que le concept de protection incendie précise cas par cas.

Le principe se lit comme une cascade, mais quatre notions méritent d'être distinguées. La zone de détection est la surface surveillée. Le groupe de détection rassemble des détecteurs dont la signalisation est commune, et sert à signaler et localiser l'incendie rapidement et clairement (DPI 20-15, ch. 3.7.1). La zone d'activation, elle, définit quels équipements sont commandés pour un événement donné. Les équipements asservis, enfin, sont les organes pilotés : fermetures coupe-feu, installations d'extraction de fumée et de chaleur, installations de transport, installations aérauliques (ch. 3.4.3 al. 5). Un point mérite attention : les asservissements incendie sélectifs ne doivent pas être commandés par des déclencheurs manuels d'alarme (ch. 3.4.3 al. 6).

La durée de la séquence n'est pas fixée par la directive, et il serait inexact de la présenter comme systématiquement immédiate. En revanche, la transmission à la centrale officielle peut être retardée dans un cadre strict. La commutation de présence et de reconnaissance n'est autorisée que pendant la phase de présence d'une organisation d'alarme dotée d'un personnel instruit en nombre suffisant, soit au moins deux personnes instruites. La temporisation de présence ne doit pas excéder trois minutes, la temporisation de reconnaissance cinq minutes. Ces temporisations ne peuvent être activées que manuellement et doivent être ramenées automatiquement sur instantané à la fin des heures de travail normales, au moins une fois par jour. Le propriétaire ou l'exploitant doit contrôler immédiatement les signaux d'alerte et intercepter les alarmes intempestives (DPI 20-15, ch. 3.4.2).

Surveillance totale ou partielle : laquelle s'applique ?

La surveillance totale couvre l'ensemble du bâtiment ou de l'ouvrage ; font exception les locaux et les zones expressément exemptés et isolés par une séparation résistante au feu. La surveillance partielle couvre au moins les voies d'évacuation et les locaux à risque d'incendie élevé, et s'étend toujours à un compartiment coupe-feu entier (DPI 20-15, ch. 3.2.1).

Ces deux définitions sont les seules retenues par la directive : il n'existe pas de troisième catégorie nationale de surveillance par affectation. La directive SES emploie une notion distincte, la surveillance d'équipements, qui vise des équipements internes individuels et non l'étendue d'une installation. Le chiffre 3.2.2 de la DPI 20-15 énumère par ailleurs les zones qui peuvent être exclues de la surveillance, des gaines techniques non accessibles aux chambres froides, en passant par certains espaces vides de faux plafonds et de faux planchers.

La directive indique que les installations devraient être conçues pour assurer une surveillance totale (ch. 3.1 al. 2) : c'est une orientation, pas une obligation générale. L'étendue effectivement retenue dépend de la prescription applicable, du concept de protection incendie approuvé et des exigences de l'autorité, qui peut demander une extension à d'autres compartiments coupe-feu.

Quelle est la place du SDAI dans la protection incendie ?

Le SDAI est une mesure de protection incendie technique. Il s'inscrit dans un concept global qui comprend également des mesures constructives et des mesures organisationnelles ; le présenter comme l'un des trois piliers de la protection incendie lui donnerait un rang que les prescriptions ne lui confèrent pas.

Sa qualité se contrôle à plusieurs moments, qu'il vaut la peine de ne pas confondre. Le contrôle de réception intervient après la remise du formulaire d'attestation d'installation (DPI 20-15, ch. 4.2). L'entretien et le maintien de l'état de fonctionnement incombent en permanence au propriétaire et à l'exploitant (ch. 5). Les contrôles périodiques suivent une fréquence qui dépend de la nature, de la taille et de l'affectation des bâtiments, des ouvrages ou des compartiments coupe-feu surveillés (ch. 4.4). Après quinze ans de service, l'installation fait l'objet d'une évaluation portant sur sa conception, sur sa disponibilité conditionnée par la technologie et sur son efficacité en raison de changements d'affectation (ch. 4.5).

Le test intégral, lui, n'est pas un contrôle propre à tout SDAI : il relève des asservissements incendie, dont la documentation et les contrôles sont traités par la note explicative AEAI 108-15. Une installation sans asservissement n'est donc pas concernée.

Sources officielles

  • Norme de protection incendie AEAI 1-15, édition 01.01.2015 : PDF officiel
  • Directive de protection incendie AEAI 20-15 « Installations de détection d'incendie », édition 01.01.2017, état 23.01.2019 ; ch. 3.1, 3.2.1, 3.2.2, 3.3, 3.4.1, 3.4.2, 3.4.3, 3.7.1, 3.8.1, 4.2, 4.4, 4.5 et 5 : PDF officiel
  • Note explicative de protection incendie AEAI 108-15 « Garantie de l'état de fonctionnement des asservissements incendie (AI) », édition 01.01.2020, état 01.08.2022 : PDF officiel
  • Directive SES « Système de détection et d'alarme incendie : Conception, montage et fonctionnement », édition 01.07.2021, ch. 2.1 ; document fixant l'état de la technique reconnu par la CTPI-AEAI : Association SES
  • Portail officiel des prescriptions de protection incendie : bsvonline.ch

Vérifié le 12 août 2026. Les prescriptions évoluent, et le concept de protection incendie approuvé comme l'autorité de protection incendie compétente peuvent fixer des exigences particulières pour un objet donné. Cet article ne remplace ni une étude de projet ni une décision de l'autorité.

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