Peu de domaines alignent autant de sigles proches que la détection incendie. Entre SDAI, SDI, centrale DI, ECS et le SSI qu'on croise dans les documents français, il est facile de s'y perdre, d'autant que tous ne s'emploient pas de la même manière selon le pays. Un peu de clarté évite bien des malentendus, notamment lorsqu'on lit une documentation venue de France ou qu'on discute avec un fournisseur étranger.
Le vocabulaire suisse
En Suisse, le terme de référence est SDAI, pour système de détection et d'alarme incendie. C'est celui qu'emploie la directive de l'association faîtière qui régit le domaine, et il englobe à la fois la détection et la fonction d'alarme. Le nom dit bien ce qu'il recouvre : détecter, puis alerter.
La centrale DI est le coeur de ce système. Son nom normatif complet est équipement de contrôle et de signalisation, souvent abrégé en ECS. C'est l'unité qui reçoit les signaux des détecteurs, les traite et commande les alarmes et les asservissements. On parle donc de centrale DI, et non de centrale SDI, cette dernière tournure étant à éviter.
Le sigle SDI, lui, renvoie plus généralement à la détection incendie prise comme fonction ou comme installation. On le rencontre par exemple dans des expressions consacrées comme le procès-verbal d'une installation SDI. C'est un terme d'usage, utile mais moins précis que SDAI.
Et le SSI dans tout ça
Le sigle SSI, pour système de sécurité incendie, appartient au cadre réglementaire français. En France, le SSI regroupe le système de détection incendie et le système de mise en sécurité, et il se décline en catégories, de la plus complète à la plus simple. Ce classement structure toute la conception française, mais il ne correspond pas au système suisse.
C'est le point important : en Suisse, on ne raisonne pas en catégories de SSI. La sécurité incendie y est organisée par la norme de protection incendie de l'association faîtière et ses directives, par la directive technique sur les systèmes de détection, et par les notes explicatives qui encadrent les asservissements et les tests. Un concept suisse parlera de surveillance totale ou partielle, de catégories d'activation des asservissements, de degrés d'assurance qualité, mais pas de catégorie de SSI. Confondre les deux référentiels conduit à appliquer des exigences qui ne sont pas celles du droit suisse.
Pourquoi cela compte
Employer le bon vocabulaire n'est pas qu'une question de rigueur : c'est une garantie de conformité. Un cahier des charges qui réclame un SSI de telle catégorie sur un projet suisse mélange deux mondes et sème la confusion chez l'installateur comme chez l'autorité. Se caler sur la terminologie suisse, SDAI, centrale DI, surveillance totale ou partielle, c'est parler la même langue que la norme, l'autorité de protection incendie et l'entreprise reconnue qui réalisera l'installation. Le glossaire du blog reprend chacun de ces termes pour lever les derniers doutes.