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SDAI, SDI, centrale DI et SSI : démêler le vocabulaire de la détection incendie

SDAI, SDI, centrale DI, ECS, et ce fameux SSI qu'on lit dans la documentation française : les sigles de la détection incendie prêtent à confusion. Le point clair sur ce que chacun désigne, et sur le vocabulaire qui s'applique réellement en Suisse.

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SDAI, SDI, centrale DI et SSI : démêler le vocabulaire de la détection incendie

Peu de domaines alignent autant de sigles proches que la détection incendie. Entre SDAI, SDI, centrale DI, ECS et le SSI qu'on croise dans les documents français, il est facile de s'y perdre, d'autant que tous ne s'emploient pas de la même manière selon le pays. Un peu de clarté évite bien des malentendus, notamment lorsqu'on lit une documentation venue de France ou qu'on discute avec un fournisseur étranger.

Premier réflexe : chaque texte a son vocabulaire

Il n'existe pas un mot unique et officiel pour désigner « la détection incendie » en Suisse. Chaque document applicable a sa propre dénomination, et toutes sont correctes dans leur contexte.

DocumentDénomination employée
Directive de protection incendie DPI 20-15« installations de détection d'incendie » ; « centrales de signalisation d'incendie » (ch. 3.5) ; « tableau de commande et de signalisation » (ch. 3.3)
Note explicative NEPI 108-15« équipements de détection d'incendie » ; « centrale de détection d'incendie » (ch. 5.3)
Directive SES, édition 01.07.2021« système de détection et d'alarme incendie (SDAI) » ; « équipement de contrôle et de signalisation (ECS) » (ch. 9.1)

Autrement dit : parler d'« installation de détection d'incendie » face à l'autorité et de « SDAI » dans un dossier technique n'est pas une contradiction. Ce sont deux registres, tous deux justes.

Que veulent dire SDAI, SDI et centrale DI ?

SDAI est l'abréviation de « système de détection et d'alarme incendie ». C'est le titre même de la directive SES, document fixant l'état de la technique reconnu par la commission technique de protection incendie de l'AEAI. Le nom dit ce qu'il recouvre : détecter, puis alerter.

Centrale DI est un usage professionnel courant pour désigner l'unité qui reçoit les signaux des détecteurs, les traite, déclenche les alarmes et, le cas échéant, active les asservissements. Les textes la nomment « centrale de signalisation d'incendie » (DPI 20-15, ch. 3.5) ou « centrale de détection d'incendie » (NEPI 108-15). La directive SES emploie de son côté « équipement de contrôle et de signalisation (ECS) », qui désigne l'ensemble fonctionnel de commande et de signalisation. On dit centrale DI, jamais centrale SDI.

SDI demande plus de prudence. Ce sigle est d'usage courant sur le terrain pour parler de la détection incendie comme fonction ou comme installation, mais il n'est pas défini comme abréviation normative dans la DPI 20-15 ni dans la directive SES. Attention : dans le vocabulaire français, SDI a un sens précis et différent, celui de « système de détection incendie », qui est un sous-ensemble du SSI. Employé entre professionnels suisses, SDI reste donc un raccourci pratique ; dans un document contractuel ou un échange international, mieux vaut écrire ce que l'on désigne.

Règle simple : une abréviation courante n'acquiert pas une valeur normative du seul fait qu'elle est répandue.

Six choses à ne pas confondre

Le vrai piège n'est pas le sigle, c'est le périmètre. Voici les briques, et ce qui les distingue :

  1. L'installation de détection d'incendie. L'objet réglementé par la DPI 20-15 : détecter automatiquement un début d'incendie, le signaler, et alerter les personnes en danger et les sapeurs-pompiers (ch. 3.1 al. 1).
  2. Le système de détection et d'alarme incendie (SDAI). La même réalité vue par la directive SES, qui couvre conception, montage et fonctionnement.
  3. La centrale DI. Le coeur du système, dont l'emplacement et l'accessibilité sont réglés (DPI 20-15, ch. 3.5).
  4. La transmission d'alarme. Tout signal provenant des détecteurs doit déclencher une alarme interne et externe, et l'alarme externe doit être transmise directement à la centrale officielle d'alarme incendie (DPI 20-15, ch. 3.4.1 al. 1). Des exceptions ponctuelles existent, par exemple dans certains établissements d'hébergement [c] sous réserve de l'approbation de l'autorité (annexe ad ch. 2.2.2).
  5. Les dispositifs d'alarme. Les moyens visuels et sonores qui alertent les personnes en danger dans la zone surveillée et guident les sapeurs-pompiers vers le lieu de l'incendie (DPI 20-15, ch. 3.4.3 al. 1).
  6. Les asservissements incendie. Ils ne font pas partie de toutes les installations. La directive dit que l'installation de détection peut aussi être utilisée pour actionner d'autres équipements de protection incendie (ch. 3.1 al. 1) et qu'elle peut déclencher des dispositifs tels que fermetures coupe-feu, extraction de fumée, installations de transport ou installations aérauliques (ch. 3.4.3 al. 5). Ils ne sont nécessaires que là où le bâtiment dispose d'équipements de protection incendie asservis (NEPI 108-15, ch. 4).

La différence est concrète : deux bâtiments peuvent avoir tous deux une installation de détection conforme, l'un avec une matrice d'asservissement et des tests intégraux, l'autre sans rien de tout cela.

Le SSI français s'applique-t-il en Suisse ?

Non. Le SSI, « système de sécurité incendie », appartient au vocabulaire réglementaire français. Il y regroupe la partie détection et la partie mise en sécurité, et il s'y décline en catégories qui structurent la conception. Ces textes français sont des normes payantes, dont le détail n'est ni reproduit ni vérifié ici : ce qui compte pour un projet suisse, c'est qu'ils ne constituent pas la structure normative applicable en Suisse.

Le cadre suisse est bâti autrement : la norme de protection incendie AEAI et ses directives, dont la DPI 20-15 pour les installations de détection, les notes explicatives comme la NEPI 108-15 pour les asservissements, et les documents fixant l'état de la technique comme la directive SES. Les notions structurantes ne sont pas des catégories de SSI, mais l'étendue de la surveillance (totale ou partielle, DPI 20-15 ch. 3.2.1), les catégories d'asservissements incendie (NEPI 108-15, ch. 5.1) et le régime des applications spéciales soumises à autorisation (DPI 20-15, ch. 3.9 al. 2).

Il ne faut donc pas transposer la structure française en droit suisse, ni chercher une équivalence terme à terme entre les deux systèmes.

Pourquoi le bon vocabulaire compte-t-il ?

Pas parce qu'il rendrait une installation conforme : la conformité se juge sur l'installation, ses documents et le contrôle de l'autorité, pas sur le choix des mots. Mais un vocabulaire juste évite des erreurs coûteuses en amont.

Un cahier des charges qui réclame un SSI de telle catégorie sur un projet suisse mélange deux référentiels et sème la confusion chez l'installateur comme chez l'autorité. À l'inverse, se caler sur la terminologie utilisée par les prescriptions applicables, c'est parler la même langue que l'autorité de protection incendie et que l'entreprise de détection d'incendie reconnue par l'AEAI qui réalisera l'installation (DPI 20-15, ch. 3.8.1 al. 3).

Le glossaire du blog reprend chacun de ces termes pour lever les derniers doutes.

Sources vérifiées

Vérifié le 11 août 2026. Le concept de protection incendie approuvé et l'autorité cantonale de protection incendie peuvent fixer des exigences particulières pour un objet donné : elles priment sur toute règle générale citée ici.

#SDAI#SDI#centrale DI#SSI#terminologie