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Journal de bord de la détection incendie : le mode d'emploi de l'exploitant

Alarmes, dérangements, essais, entretien : tout événement de l'installation doit laisser une trace. Voici comment tenir le journal de bord du livre de contrôle sans y passer ses soirées, et pourquoi il vous sauvera au prochain contrôle périodique.

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Journal de bord de la détection incendie : le mode d'emploi de l'exploitant

Le document que l'autorité regarde en premier

Lors d'un contrôle périodique, avant même de déclencher un détecteur, le contrôleur demande souvent la même chose : « montrez-moi le livret de contrôle ». Et dans ce document, c'est le journal des événements qui raconte la vraie vie de l'installation : les alarmes, les dérangements, les contrôles, les interventions. Un journal tenu à jour montre que l'installation est suivie. Un journal vide, ou qui s'arrête il y a deux ans, montre l'inverse.

Quatre documents à ne pas confondre

Le vocabulaire varie d'un texte à l'autre, et c'est une source de confusion permanente sur le terrain. Remettons les choses en ordre :

  • Le livret de contrôle (aussi appelé livre de contrôle). C'est le document exigé pour chaque installation de détection d'incendie, à déposer dans la centrale de signalisation (directive de protection incendie DPI 20-15, ch. 3.8.2 al. 2).
  • Le journal des événements. Ce n'est pas un document séparé : c'est l'une des parties du livre de contrôle selon la directive SES, à côté du règlement des responsabilités, du schéma de principe, du mode d'emploi succinct et des informations sur la transmission d'alarmes et de dérangements (Directive SES, édition 01.07.2021, ch. 11.1 al. 3).
  • Le dossier technique de l'installation. Il est distinct, déposé habituellement près de l'équipement de contrôle et de signalisation, et contient le mode d'emploi, la liste des appareils, le schéma de principe, la vue d'ensemble des commandes jusqu'au contact de relais et les schémas de raccordement (Directive SES, ch. 11.1 al. 4).
  • La documentation des asservissements incendie. Elle relève d'un autre texte et comporte sa propre liste, du concept final aux plans des zones, en passant par la matrice des asservissements, le script des tests intégraux et, là aussi, un livret de contrôle (NEPI 108-15, ch. 7.5 al. 2).

Autrement dit : un bâtiment avec asservissements a plus de documentation à tenir qu'un bâtiment qui n'en a pas.

D'où vient l'obligation

Trois textes se combinent :

  • La DPI 12-15 pose le devoir d'entretien et de contrôle : il faut vérifier régulièrement que les équipements de protection incendie sont opérationnels et en assurer l'entretien, et « les contrôles et les opérations d'entretien doivent être consignés » (ch. 4.2 al. 1, édition 01.04.2026). Les obligations annuelles de l'exploitant en découlent.
  • La DPI 20-15 impose le livret de contrôle pour chaque installation de détection d'incendie et précise ce qui doit y être consigné (ch. 3.8.2).
  • La directive SES détaille le contenu du livre de contrôle et du dossier technique, et où ils se conservent, près de la centrale DI ou du tableau de commande pour sapeurs-pompiers (ch. 11.1).

La NEPI 108-15 ajoute, pour les asservissements, la désignation d'un responsable de l'installation et de son remplaçant (ch. 7.6), dont la tenue du livret de contrôle fait explicitement partie des tâches (ch. 7.6 al. 4 let. g).

Bonne nouvelle pour ceux qui veulent quitter le classeur : la directive SES admet expressément que le livre de contrôle soit conservé sous forme informatique, y compris en solution infonuagique chez l'exploitant, à condition que sa consultation soit garantie à tout moment, notamment par l'exploitant, l'autorité de protection incendie et l'entreprise spécialisée (ch. 11.1 al. 3).

Ce qui se consigne

Ici, il faut distinguer ce que le texte exige de ce qui relève de la bonne pratique.

Ce que la directive énumère. Doivent être consignés dans le livret de contrôle, scrupuleusement, les événements et leurs causes : dérangements, alarmes incendie, alarmes intempestives, interruptions d'exploitation, mise hors service de groupes de détection, contrôles de fonctionnement, travaux de maintenance, modifications de l'installation et évaluations de son efficacité (DPI 20-15, ch. 3.8.2 al. 3).

Ce que chaque entrée doit porter. La DPI 20-15 exige la date, l'heure, le lieu et la personne responsable (ch. 3.8.2 al. 3). Pour les asservissements, la NEPI 108-15 est plus détaillée : chaque entrée comprend au moins le lieu, la date, le motif et l'activité, ainsi que le nom, le prénom et la signature du responsable (annexe, définition « livret de contrôle »). Le visa n'est donc pas une coquetterie : il est attendu.

Ce qui relève de l'organisation interne. Une structure de ligne du type date, événement, intervenant, action réalisée, suite donnée et visa fonctionne très bien en pratique, et elle couvre les exigences ci-dessus. Mais elle est une recommandation, pas un format imposé par les prescriptions. De même, consigner un événement mineur qui ne figure dans aucune des catégories énumérées relève du choix de l'exploitant, pas d'une obligation.

Pas de littérature : trois lignes claires valent mieux qu'un paragraphe jamais écrit.

Non, l'essai mensuel n'est pas une règle nationale

C'est l'erreur la plus fréquente. Aucune prescription fédérale ou intercantonale n'impose un « essai mensuel » du SDAI à tous les exploitants. Ce qui est prescrit est différent :

  • des contrôles de fonctionnement et contrôles visuels réguliers, dont l'étendue et la fréquence suivent le tableau de la directive SES, avec des intervalles plus courts si les instructions du fabricant, le système installé ou les influences environnementales le demandent (Directive SES, ch. 12.5) ;
  • une maintenance sur place au moins une fois par année, dont la périodicité est adaptée aux influences environnementales et aux particularités du système, et définie par l'entreprise spécialisée (Directive SES, ch. 12.6.1 al. 1) ;
  • des contrôles périodiques de l'installation, dont la fréquence dépend de la nature, de la taille et de l'affectation des bâtiments surveillés (DPI 20-15, ch. 4.4).

Si un essai mensuel figure malgré tout dans vos consignes, il vient donc d'ailleurs : du concept de protection incendie, des indications du fabricant, du contrat avec l'entreprise de maintenance, d'une exigence de l'autorité compétente, ou simplement de l'organisation interne de l'exploitant. C'est légitime, mais il faut savoir d'où ça vient, parce que la source détermine qui peut en changer.

Les trois pièges du journal papier

  1. Le classeur introuvable. Le livret vit près de la centrale, pas dans le bureau d'un collaborateur qui a quitté l'entreprise. Sous forme électronique, c'est la garantie d'accès qui compte.
  2. Le trou de deux ans. Un journal qui saute de 2024 à 2026 soulève plus de questions qu'il n'en résout. Mieux vaut des lignes courtes et régulières que des reconstructions a posteriori.
  3. L'événement sans suite. Un dérangement consigné sans mention de sa levée reste, aux yeux d'un contrôleur, un dérangement ouvert.

Préparer le contrôle périodique avec le journal

Bien tenu, le journal fait gagner du temps le jour du contrôle : les visites d'entretien y figurent avec leurs dates, les défauts avec leur résolution, et les échéances sont retrouvables immédiatement.

Attention toutefois à ne pas mélanger deux choses différentes :

  • les visites d'entretien du SDAI, au moins annuelles selon la directive SES ;
  • les tests intégraux des asservissements incendie, dont les intervalles minimaux sont de 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque (NEPI 108-15, ch. 7.4 al. 2). Ces cycles ne s'appliquent pas à « tout SDAI » : ils concernent les asservissements incendie, donc les bâtiments qui disposent d'équipements de protection incendie asservis (NEPI 108-15, ch. 4).

Un journal complet ne garantit pas à lui seul l'issue d'un contrôle : le contrôle porte sur l'installation et son fonctionnement réel, pas seulement sur les documents. Mais un journal complet évite les questions inutiles et les recherches dans l'urgence.

Ce qu'il faut retenir

  • Les contrôles et opérations d'entretien doivent être consignés (DPI 12-15, ch. 4.2 al. 1).
  • Un livret de contrôle est exigé pour chaque installation de détection d'incendie, avec une liste précise d'événements à consigner (DPI 20-15, ch. 3.8.2).
  • Le livre de contrôle peut être tenu sous forme informatique si sa consultation est garantie à tout moment (Directive SES, ch. 11.1 al. 3).
  • Les cycles de 2, 4 et 6 ans sont ceux des tests intégraux des asservissements, pas ceux de l'entretien du SDAI.
  • L'essai mensuel n'est pas une obligation nationale : vérifiez d'où vient la vôtre.

Pour démarrer proprement, téléchargez le modèle de journal de bord : deux pages A4 prêtes à imprimer, structurées d'après la directive SES. Et le jour où le classeur ne suffit plus, sdai.ch aide à structurer ces informations et à suivre les échéances à partir des données que vous renseignez. La tenue du livret de contrôle, sa conformité et sa consultation restent sous la responsabilité de l'exploitant et des professionnels compétents : essai gratuit 30 jours.

Sources vérifiées

Vérifié le 11 août 2026. Le concept de protection incendie approuvé et l'autorité cantonale de protection incendie peuvent fixer des exigences particulières pour un objet donné, notamment sur la fréquence des contrôles : elles priment sur toute règle générale citée ici.


Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux prescriptions applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente.

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