Le document que l'autorité regarde en premier
Lors d'un contrôle périodique, avant même de déclencher un détecteur, le contrôleur demande souvent la même chose : « montrez-moi le livre de contrôle ». Et dans le livre de contrôle, c'est le journal de bord qui raconte la vraie vie de l'installation : les alarmes, les dérangements, les essais, les interventions. Un journal tenu à jour dit « cette installation est suivie ». Un journal vide, ou qui s'arrête il y a deux ans, dit exactement le contraire.
D'où vient l'obligation
Deux textes se combinent :
- La DPI 12-15 (ch. 4.2) impose au propriétaire et à l'exploitant de maintenir les équipements de protection incendie en état de fonctionnement pendant toute l'exploitation : c'est le devoir d'entretien. Les obligations annuelles de l'exploitant en découlent.
- La directive SES (ch. 11.1) décrit la documentation exigée : un livre de contrôle (responsabilités, journal des événements, schéma de principe, mode d'emploi, informations sur la transmission d'alarme) et un dossier technique (liste des appareils, schémas de raccordement). Le tout se conserve sur place, près de la centrale DI.
La NEPI 108-15 ajoute, pour les asservissements, la désignation d'un responsable de l'installation (ch. 7.6) et la conservation de la documentation complète sur place (ch. 7.5).
Ce qui se consigne (et ce qui peut attendre)
La règle pratique : tout ce qui touche à l'état ou au comportement de l'installation laisse une ligne. Concrètement :
- Alarmes, réelles ou intempestives, avec la zone concernée et la suite donnée ;
- Dérangements et leur levée ;
- Essais (essai mensuel, test de zone, pré-test avant contrôle) ;
- Entretien : visites de maintenance, remplacements de détecteurs, mises hors service temporaires ;
- Transformations : toute modification de zones, d'équipements ou d'asservissements.
Chaque ligne porte la date, le type d'événement, une description courte, l'intervenant et un visa. Pas de littérature : trois lignes claires valent mieux qu'un paragraphe jamais écrit.
Les trois pièges du journal papier
- Le classeur introuvable. Le journal vit près de la centrale, pas dans le bureau d'un collaborateur qui a quitté l'entreprise.
- Le trou de deux ans. Un journal qui saute de 2024 à 2026 soulève plus de questions qu'il n'en résout. Mieux vaut des lignes courtes et régulières que des reconstructions a posteriori.
- L'événement sans suite. Un dérangement consigné sans mention de sa levée reste, aux yeux d'un contrôleur, un dérangement ouvert.
Préparer le contrôle périodique avec le journal
Bien tenu, le journal transforme le contrôle périodique en formalité : les visites d'entretien y figurent avec leurs dates, les défauts avec leur résolution, les tests intégraux avec leurs échéances (tous les 2, 4 ou 6 ans selon la catégorie de risque, NEPI 108-15 ch. 7.4). La question « quand a eu lieu la dernière visite ? » trouve sa réponse en dix secondes.
Ce qu'il faut retenir
- Le devoir d'entretien incombe au propriétaire et à l'exploitant (DPI 12-15, ch. 4.2) ; le journal en est la preuve vivante.
- Le livre de contrôle et le dossier technique se conservent sur place (directive SES, ch. 11.1).
- Une ligne par événement : date, type, description, intervenant, visa.
- Un journal à jour = un contrôle périodique sans stress.
Pour démarrer proprement, téléchargez le modèle de journal de bord : deux pages A4 prêtes à imprimer, basées sur la directive SES. Et le jour où le classeur ne suffit plus, sdai.ch tient le journal numériquement, avec les échéances calculées automatiquement : essai gratuit 30 jours.
Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue pas aux directives applicables ni à l'appréciation de l'autorité compétente. Références : DPI 12-15 « Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle », directive SES SDAI (éd. 01.07.2021), NEPI 108-15.