Plan d'intervention sapeurs-pompiers : quand il est exigé et ce qu'il montre
Pour quels bâtiments un dossier d'intervention est requis, ce qu'il contient, et en quoi il diffère du plan d'évacuation et du plan d'orientation.

Quand les sapeurs-pompiers arrivent, ils disposent de quelques minutes pour comprendre ce qu'ils ont devant eux : où se trouve le foyer, comment y accéder, ce qui les gêne et ce qu'il faut couper. Le plan d'intervention est le document qui raccourcit ces minutes. Il ne s'adresse pas aux occupants du bâtiment mais uniquement aux intervenants, et cela explique tout de sa conception.
Qu'est-ce qu'un plan d'intervention ?
C'est le dossier d'intervention des sapeurs-pompiers : des plans horizontaux par niveau indiquant les accès, les compartiments coupe-feu, les installations techniques et les points dangereux, complétés par les concepts d'alarme et d'intervention. Il décrit l'attaque du sinistre, pas l'évacuation.
La différence avec l'affiche de la cage d'escalier est fondamentale. Un plan d'évacuation montre à une personne qui ne connaît pas les lieux le chemin le plus court vers la sortie. Un plan d'intervention montre à une équipe formée le chemin le plus rapide vers l'intérieur, avec tout ce qu'elle doit couper, ouvrir ou éviter en route.
Pour quels bâtiments est-il exigé ?
Pas pour tous, et la directive ne dresse aucune liste de catégories. La DPI 12-15 pose des critères d'appréciation, pas un catalogue de cas : « Lorsque la nature et la gravité du danger d'incendie, le nombre d'occupants, le type ou la grandeur des bâtiments ou de l'exploitation l'exigent et si l'autorité de protection incendie le demande, il faut établir des plans de protection incendie et des plans d'intervention des sapeurs-pompiers » (ch. 3.1, al. 3).
Trois critères d'appréciation, donc, et une condition de déclenchement : la demande de l'autorité. Il n'existe pas de seuil chiffré national, pas de liste d'affectations, et aucun bâtiment ne tombe automatiquement dans l'obligation parce qu'il ressemble à un cas type. Distinguer les niveaux évite la moitié des malentendus en séance :
| Statut | Ce que ça recouvre | Où c'est écrit |
|---|---|---|
| Critères d'appréciation | Nature et gravité du danger d'incendie ; nombre d'occupants ; type ou grandeur du bâtiment ou de l'exploitation | DPI 12-15, ch. 3.1 al. 3 |
| Condition de déclenchement | Les plans sont à établir « si l'autorité de protection incendie le demande » | DPI 12-15, ch. 3.1 al. 3 |
| Objectif fixé, moyen laissé ouvert | Bâtiments à danger d'incendie accru : s'assurer que les sapeurs-pompiers puissent être alertés et intervenir rapidement, « par exemple » en concevant des dossiers d'intervention et des concepts d'alarme et d'intervention | DPI 12-15, ch. 7.1 |
| Cas particulier | Les sapeurs-pompiers d'entreprise doivent disposer de plans d'intervention établis en collaboration avec le service du feu | DPI 12-15, ch. 7.3 al. 2 |
| Bonne pratique opérationnelle | Objet complexe, éloigné ou à stockages particuliers : le dossier se justifie par l'usage, sans que la directive le range dans une catégorie | Pratique des corps de sapeurs-pompiers |
| Propre à l'objet | Ce que fixent le concept de protection incendie approuvé et les exigences cantonales | Concept de protection incendie, autorité cantonale |
La nuance compte dans une discussion de projet. Un ouvrage biscornu à plusieurs corps, un entrepôt de matières dangereuses ou un objet isolé à vingt minutes de route sont des situations où les sapeurs-pompiers ne connaissent pas le bâtiment par la routine : le dossier s'y justifie de lui-même, mais par l'argument opérationnel, pas par une case réglementaire. De même, les entreprises soumises à l'ordonnance sur les accidents majeurs relèvent du droit fédéral de l'environnement et de ses propres obligations de documentation ; ce n'est pas la DPI 12-15 qui les leur impose.
C'est donc l'autorité de protection incendie de votre canton qui tranche au cas par cas, souvent avec le corps de sapeurs-pompiers local, qui sera l'utilisateur final du document. Le bon moment pour poser la question, c'est l'établissement du concept de protection incendie.
Que contient le dossier ?
La directive énumère elle-même ce qui doit être indiqué sur ces plans : l'affectation du bâtiment, les dangers d'incendie spécifiques, les voies d'évacuation et de sauvetage, les accès pour les sapeurs-pompiers, la résistance au feu des systèmes porteurs et des compartiments coupe-feu, ainsi que les équipements de protection incendie : détection, extinction, extraction de fumée et de chaleur, appareillages permettant de communiquer les ordres d'évacuation (ch. 3.1, al. 3).
La pratique y ajoute ce dont une équipe a besoin de nuit : les aires de stationnement, l'emplacement de la centrale DI et de la platine sapeurs-pompiers, les organes de coupure pour l'électricité, le gaz et la ventilation, et les ressources en eau d'extinction.
| Information | Ce qu'elle permet aux intervenants |
|---|---|
| Accès et aires de stationnement | Placer les véhicules sans bloquer l'échelle |
| Emplacement de la centrale et de la platine | Lire le groupe de détection déclenché et cerner le foyer |
| Compartiments coupe-feu et découpage des niveaux | Choisir le chemin d'attaque et anticiper la propagation |
| Coupures électricité, gaz, ventilation | Mettre l'installation en sécurité avant d'attaquer |
| Dangers et stockages particuliers | Savoir ce qui ne se combat pas à l'eau |
| Ressources en eau d'extinction | Assurer l'alimentation |
Sur la représentation elle-même (symboles, couleurs, échelle), il n'y a pas de note explicative AEAI à citer. Le répertoire officiel « Autres dispositions » (40-15), qui recense pour chaque directive les documents rattachés, n'associe aucun document de ce type à la DPI 12-15 pour les plans d'intervention. Ce qui existe en revanche, ce sont les aide-mémoire publiés par des établissements cantonaux d'assurance et par des corps de sapeurs-pompiers, avec leurs propres conventions de plan. La règle pratique tient donc en une phrase : l'obligation se clarifie avec l'autorité de protection incendie, la représentation avec le corps de sapeurs-pompiers qui utilisera le document.
Plan d'intervention, plan d'évacuation, plan d'orientation
Les trois se confondent sans cesse parce qu'ils montrent tous des plans de niveau. Ils ont pourtant trois destinataires différents : les intervenants venus de l'extérieur, les occupants à l'intérieur, et la personne qui se tient devant la centrale DI.
| Document | Pour qui | Répond à la question |
|---|---|---|
| Plan d'intervention | Sapeurs-pompiers | Comment j'entre et que dois-je sécuriser ? |
| Plan d'évacuation | Occupants et visiteurs | Comment je sors ? |
| Plan d'orientation | Qui se tient devant la centrale | Où l'installation a-t-elle exactement déclenché ? |
Un même objet peut avoir besoin des trois, et ils ne se contredisent pas. Les tenir sur le même fond de plan évite l'erreur la plus fréquente : trois documents qui, après une transformation, ne montrent plus le même bâtiment.
Où le conserver et qui le met à jour ?
Sur place, là où les sapeurs-pompiers le trouveront le jour venu, en règle générale à l'accès et près de la centrale DI. La mise à jour ne suit pas un calendrier mais les événements : toute modification constructive ou d'exploitation qui déplace un accès, un compartiment, une installation technique ou un danger.
Un mot sur le chargé de sécurité en protection incendie, souvent présenté comme le corollaire automatique du plan d'intervention : ce n'en est pas un. Ce sont deux obligations distinctes. La directive demande de désigner et former un chargé de sécurité « lorsque la nature et la gravité du danger d'incendie, le nombre d'occupants, le caractère ou l'importance de l'exploitation l'exigent » (ch. 4.1, al. 3), critères voisins, décision séparée. Le lien existe, mais dans un seul sens et sur le terrain des missions : quand un chargé de sécurité est désigné, il supervise le plan d'intervention interne et « fait établir les plans d'intervention avec le concours des sapeurs-pompiers » (ch. 4.3.2). Avoir un plan d'intervention n'oblige donc pas à nommer un chargé de sécurité, et en nommer un ne crée pas à lui seul l'obligation d'établir un plan.
Pour le SDAI, la même logique est explicitement réglée : la directive SES exige au ch. 11.1 un livre de contrôle et un dossier technique conservés sur place près de la centrale, et la NEPI 108-15 impose pour les asservissements la conservation complète de la documentation sur place (ch. 7.5) ainsi que la désignation d'une personne responsable de l'installation (ch. 7.6). Les étapes de la réception précisent qui remet quoi.
L'essentiel en bref
- Le plan d'intervention s'adresse aux sapeurs-pompiers : il montre le chemin vers l'intérieur, pas vers la sortie.
- La DPI 12-15 ne fixe pas de catégories de bâtiments. Elle retient la nature et la gravité du danger d'incendie, le nombre d'occupants, le type ou la grandeur du bâtiment ou de l'exploitation, et les plans sont à établir si l'autorité de protection incendie le demande (ch. 3.1, al. 3).
- Pour les bâtiments à danger d'incendie accru, la directive fixe un objectif (alerte et intervention rapides) et cite le dossier d'intervention comme un moyen parmi d'autres (ch. 7.1).
- Chargé de sécurité et plan d'intervention sont deux obligations distinctes ; quand un chargé de sécurité est désigné, c'est lui qui fait établir les plans avec les sapeurs-pompiers (ch. 4.1 al. 3 et 4.3.2).
- Documentation du SDAI sur place : directive SES ch. 11.1, NEPI 108-15 ch. 7.5 et 7.6.
Sources officielles
- DPI-AEAI 12-15 « Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle » (PDF français) : ch. 3.1 al. 3 (plans de protection incendie et plans d'intervention), ch. 4.1 al. 3 et ch. 4.3.2 (chargé de sécurité), ch. 7.1 et ch. 7.3 al. 2.
- VKF-Brandschutzrichtlinie 12-15 « Brandverhütung und organisatorischer Brandschutz » (PDF allemand) : Ziffer 3.1 Abs. 3, Ziffer 4.1 Abs. 3 et Ziffer 4.3.2, Ziffer 7.1 et Ziffer 7.3 Abs. 2.
- Portail officiel des prescriptions de protection incendie AEAI : édition en vigueur et répertoire « Autres dispositions » (40-15).
La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton peut exiger davantage, et le concept de protection incendie approuvé pour votre objet prime toute règle générale.
sdai.ch tient les plans de détection, d'évacuation et d'objet sur le même fond de plan, pour qu'une transformation ne laisse pas trois documents périmer séparément : essai gratuit de 30 jours.
Mis à jour le 12 août 2026. Cet article est fourni à titre d'information et ne remplace ni les prescriptions applicables ni l'appréciation de l'autorité compétente. Références : DPI 12-15 « Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle » (éd. 01.04.2026), directive SES SDAI (éd. 01.07.2021), NEPI 108-15.