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Détection et sprinklers : coordination, asservissements et essais croisés

Détection précoce d'un côté, extinction automatique de l'autre : détection et sprinklers se complètent, mais leur coordination obéit à des règles précises. Report d'alarme, détecteurs de débit, asservissements et essais croisés, ancrés sur la directive sprinklers.

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Détection et sprinklers : coordination, asservissements et essais croisés

Deux systèmes, deux logiques complémentaires

Détection et sprinklers visent le même feu, mais pas de la même façon. La détection repère l'incendie tôt, alerte et déclenche les asservissements ; les sprinklers éteignent ou contiennent le foyer, localement, sans intervention humaine. Loin de se concurrencer, les deux installations se complètent. Encore faut-il les coordonner correctement, car elles partagent des signaux, des asservissements et des essais.

Quand le sprinkler dispense de la détection, et quand non

Dans certains cas, l'installation sprinklers peut remplacer la détection. La directive l'admet pour les établissements d'hébergement de faible hauteur (hauteur totale de 11 m au maximum) des catégories [b] et [c] lorsqu'un concept « installation d'extinction » est retenu : il est possible de renoncer à une installation de détection incendie (DPI 20-15 § 2.2.2 al. 2 let. c, voir quand la détection est obligatoire).

Il faut le dire clairement, parce que la formulation inverse circule beaucoup : dans ce cas de figure, la renonciation au SDAI peut être complète, pour autant que toutes les conditions soient réunies. Elles sont au nombre de trois :

  1. l'affectation et la géométrie : établissement d'hébergement [b] ou [c] (hôtels, pensions, centres de vacances, refuges de montagne, selon les définitions de la norme AEAI 1-15 art. 13), bâtiment de faible hauteur ;
  2. le concept retenu : un concept « installation d'extinction » approuvé, et non un simple équipement sprinkler ajouté à un concept constructif ;
  3. la qualité de l'installation d'extinction : seules sont prises en compte les installations d'extinction à eau fixes reconnues par l'AEAI, à mise en marche automatique, protégeant tout le compartiment coupe-feu, d'une efficacité équivalente à une installation sprinklers, et dont le temps de fonctionnement minimal correspond à la durée de résistance au feu du système porteur, au minimum 30 minutes (norme AEAI 1-15, art. 42).

Ce qui subsiste alors ne relève pas d'une règle générale, mais de trois sources à vérifier au cas par cas : une prescription applicable à l'ouvrage (par exemple les déclencheurs manuels imposés aux grands magasins équipés de sprinklers, § 2.2.3), le concept de protection incendie approuvé, ou une exigence de l'autorité. Dans les établissements d'hébergement [c] (refuges de montagne, par exemple), l'annexe de la directive prévoit d'ailleurs l'inverse d'un durcissement : sous réserve de l'approbation de l'autorité, il est possible de renoncer à la transmission à la centrale officielle d'alarme incendie, et dans les établissements dépourvus d'alimentation électrique, l'installation de détection peut être remplacée par des détecteurs de fumée interconnectés.

L'alarme du sprinkler part aussi à la centrale officielle

Un point clé de coordination : un sprinkler qui se déclenche doit alerter, pas seulement arroser. La directive sprinklers est explicite (DPI 19-15 § 3.6) :

  • toute réaction de l'installation sprinklers doit immédiatement déclencher une alarme interne et externe ;
  • l'alarme externe doit être transmise directement à la centrale officielle d'alarme incendie ;
  • tout dérangement de l'installation déclenche un signal visuel et sonore.

La directive précise par quel canal : l'alarme doit être transmise à la centrale officielle par une centrale de signalisation reconnue par l'AEAI (§ 3.6.1 al. 3). Rien n'impose donc qu'une centrale DI complète soit installée pour transmettre une alarme sprinkler. Un bâtiment protégé par sprinklers sans SDAI transmet via l'équipement de contrôle et de signalisation dédié à la surveillance de l'installation sprinkler, dont la directive SES fixe les exigences : certifié EN 54 parties 2 et 4, homologué AEAI, installé par une entreprise reconnue, avec un emplacement en règle générale à proximité de l'accès des sapeurs-pompiers et, si ce n'est pas possible, à l'entrée de la centrale sprinkler ou directement dans celle-ci (SES-DT § 15.2.1 et § 15.2.2).

En pratique, lorsque les deux installations coexistent, la détection sert souvent de point de convergence et porte le report vers le centre de réception d'alarme officiel. C'est une organisation courante, pas une obligation normative : dans ce cas de double protection, ce sont les prescriptions applicables aux installations de détection qui régissent l'emplacement de l'équipement de contrôle et de signalisation (SES-DT § 15.2.2 al. 4).

Détecteur de débit : signalisation, pas asservissement

Voici la nuance la plus souvent négligée. Les détecteurs de débit des sprinklers (qui repèrent l'écoulement d'eau) doivent être utilisés uniquement pour la signalisation, et non pour déclencher des asservissements incendie (DPI 19-15 § 3.6.2 al. 6). On ne pilote pas un désenfumage ou une fermeture coupe-feu sur un détecteur de débit : ce sont les organes de détection incendie qui commandent les asservissements. L'installation sprinklers elle-même peut en revanche déclencher des dispositifs de protection incendie (fermetures coupe-feu, extraction de fumée et de chaleur, ascenseurs, installations aérauliques), pour autant qu'ils ne servent pas à la sécurité des personnes (§ 3.6.2 al. 4).

De même, les asservissements incendie sélectifs ne doivent pas pouvoir être commandés par des déclencheurs manuels (DPI 19-15 § 3.6.2 al. 5), une logique cohérente avec celle de la détection.

Asservissements croisés et matrice

Concrètement, la coordination détection-sprinklers se lit dans la matrice d'asservissement :

  • l'alarme sprinkler déclenche l'alarme générale et le report aux secours ;
  • la détection commande les asservissements (désenfumage, fermetures coupe-feu, arrêt de ventilation) ;
  • on vérifie qu'aucune action ne contredit l'autre (par exemple une ventilation qui rabat la chaleur sous les têtes sprinklers).

Une documentation des asservissements incendie doit d'ailleurs être établie et soumise à des tests (DPI 19-15 § 3.6.2 al. 7).

Essais intégraux coordonnés

Comme tout asservissement, la coordination se prouve à la réception. Le test intégral vérifie l'ensemble de la chaîne, sprinklers compris, et coordonne les corps de métier (voir réception et mise en service). C'est le moment où l'on confirme que l'alarme d'eau remonte bien, que les asservissements partent dans le bon ordre, et qu'aucun signal ne se perd entre les deux installations.

Ce qu'il faut retenir

  • Détection et sprinklers sont complémentaires : détecter tôt d'un côté, éteindre de l'autre.
  • Pour les établissements d'hébergement [b] et [c] de faible hauteur avec concept « installation d'extinction », il est possible de renoncer à l'installation de détection lorsque toutes les conditions sont réunies (DPI 20-15 § 2.2.2 al. 2 let. c ; norme AEAI 1-15, art. 42).
  • Ce qui subsiste ensuite dépend d'une prescription applicable, du concept approuvé ou d'une exigence de l'autorité, pas d'une règle générale.
  • Une réaction sprinkler déclenche une alarme interne et externe transmise directement à la centrale officielle, par une centrale de signalisation reconnue par l'AEAI, qui n'est pas nécessairement une centrale DI (DPI 19-15 § 3.6.1).
  • Les détecteurs de débit servent à la signalisation, non au déclenchement d'asservissements (§ 3.6.2 al. 6).
  • La coordination se documente dans la matrice et se prouve au test intégral.

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Vérifié le 11 août 2026. Cet article est publié à titre informatif et ne se substitue ni au concept de protection incendie approuvé, ni à l'appréciation de l'autorité de protection incendie cantonale, qui peuvent fixer des exigences particulières pour un ouvrage donné. Le choix d'un concept « installation d'extinction » et ses conséquences relèvent des professionnels compétents et de l'autorité. Sources officielles : DPI 19-15 « Installations sprinklers » (état 23.01.2019), DPI 20-15 « Installations de détection d'incendie », norme de protection incendie AEAI 1-15 (art. 13 et 42) et NEPI 108-15 ; directive SES « Système de détection et d'alarme incendie » (édition 01.07.2021, ch. 15).

#sprinklers#détection incendie#asservissement#détecteur de débit#extinction automatique#DPI 19-15