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NORMES

DPI 20-15 expliquée : ce que la directive impose vraiment

La directive qui encadre toute installation de détection incendie en Suisse, reprise dans l'ordre des questions qu'on se pose vraiment : obligation, surveillance, alarme, réception, contrôles, durée de vie.

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DPI 20-15 expliquée : ce que la directive impose vraiment

La DPI 20-15 est la directive à laquelle se réfère tout projet suisse équipé d'une détection incendie. Elle est disponible gratuitement en PDF et pourtant rarement lue en entier : elle répond aux questions dans l'ordre de la planification, pas dans celui de la curiosité du lecteur. Cet article inverse cet ordre et commence par les questions qui se posent réellement sur le terrain.

Que règle la DPI 20-15 ?

Elle règle les installations de détection d'incendie : quand elles sont nécessaires, jusqu'où elles surveillent, comment l'alarme est donnée, comment l'installation est réceptionnée puis contrôlée. C'est la directive de protection incendie de l'AEAI sur le sujet, complétée par la directive technique SES SDAI pour l'exécution.

Le partage des rôles entre les deux textes est le piège le plus fréquent. La DPI 20-15 dit si et jusqu'où on surveille ; la directive SES dit avec quoi et comment on construit, par exemple avec quel type de détecteur et à quelle distance. Chercher un espacement de détecteurs dans la DPI 20-15, c'est chercher au mauvais endroit.

QuestionChiffreRéponse courte
Quand une installation est-elle nécessaire ?ch. 2.2Selon des seuils par affectation, sinon décision de l'autorité
Jusqu'où surveille-t-on ?ch. 3.2Surveillance totale ou partielle
Comment alarmer ?ch. 3.4.1En interne et en externe, transmission directe à la centrale officielle
Comment structurer et monter l'installation ?ch. 3.7 et 3.8Groupes de détection, conception, montage
Comment l'installation entre-t-elle en service ?ch. 4.1 et 4.2Vérification du projet, puis contrôle de réception
Que se passe-t-il ensuite ?ch. 4.4Contrôles périodiques selon type, taille et affectation
Que prévoit la directive après 15 ans ?ch. 4.5Appréciation de l'installation, mais pas de remplacement automatique

Quand une installation de détection incendie est-elle obligatoire ?

L'obligation découle des seuils du ch. 2.2, selon l'affectation. Pour une partie des affectations, la directive prévoit que l'autorité de protection incendie peut exiger une installation : il s'agit alors d'une décision de l'autorité, pas d'une obligation automatique (ch. 2.2.4).

Cette distinction compte plus qu'il n'y paraît. « Peut exiger » signifie que la décision se prend dans la procédure d'autorisation de construire, qu'elle est motivée, et qu'elle peut varier d'un canton à l'autre.

Pour les établissements d'hébergement [a], la surveillance totale est obligatoire (ch. 2.2.2 al. 1). Pour [b] et [c], elle s'impose aux bâtiments à deux niveaux avec plus de 50 personnes, ou à trois niveaux ou davantage avec plus de 30 personnes (al. 2). Pour [b]/[c] de faible hauteur avec concept « installation d'extinction », l'al. 2 c permet d'y renoncer. Le classement et le concept approuvé sont déterminants. Application aux hôtels.

Classement et obligation : la capacité d'accueil intervient dans les définitions des types d'hébergement de la norme AEAI, art. 13. Il faut d'abord classer l'établissement, puis appliquer la DPI 20-15 ch. 2.2.2. La règle [a] ne doit pas être écartée au motif que les seuils propres à [b]/[c] ne seraient pas atteints.

Surveillance totale ou surveillance partielle : que signifient ces termes ?

La surveillance totale couvre l'ensemble du bâtiment, à l'exception des locaux expressément exclus et compartimentés du point de vue de la protection incendie (ch. 3.2.1 al. 1 ; les locaux exclus sont énumérés au ch. 3.2.2). La surveillance partielle couvre au minimum les voies d'évacuation et les locaux à risque d'incendie accru.

Deux points passent régulièrement inaperçus. D'abord, une surveillance partielle s'étend toujours à un compartiment coupe-feu entier : on ne surveille pas une seule pièce en laissant le reste du compartiment aveugle. Ensuite, l'autorité de protection incendie peut exiger l'extension à d'autres compartiments (ch. 3.2.1 al. 2).

La structuration elle-même, c'est-à-dire les groupes de détection, est traitée au ch. 3.7, la conception et le montage au ch. 3.8. Pour le découpage en zones, la pratique suit la directive SES, qui demande d'aligner les zones sur les compartiments coupe-feu ou les unités d'utilisation.

Que prescrit la directive en matière d'alarme ?

Chaque signal de détecteur doit déclencher une alarme interne et une alarme externe, et l'alarme externe doit être transmise directement à la centrale de détection incendie officielle (ch. 3.4.1 al. 1). Les dérangements et les mises hors service déclenchent un signal optique et acoustique transmis automatiquement à un poste occupé en permanence (al. 2).

Le troisième alinéa est le plus souvent oublié, et c'est pourtant le seul qui ne coûte rien : l'exploitant doit disposer d'une organisation de protection incendie qui garantit l'alarme des personnes en danger. Une installation techniquement irréprochable, sans organisation derrière elle, ne remplit pas entièrement le ch. 3.4.1.

Ce même chiffre est aussi la base du contrôle « alarme et transmission aux sapeurs-pompiers » que doit vérifier une matrice d'asservissement.

Réception et contrôles périodiques : que faut-il faire ?

Avant la mise en service intervient la vérification du projet (ch. 4.1), puis le contrôle de réception (ch. 4.2), qui vérifie que l'installation correspond au concept approuvé, y compris les asservissements documentés dans la matrice. Ensuite, l'installation est contrôlée périodiquement, à une fréquence qui dépend du type, de la taille et de l'affectation des bâtiments surveillés (ch. 4.4).

Pour l'entretien courant, la directive SES SDAI (éd. 01.07.2021) devient concrète (ch. 12) : maintenance au moins une fois par an, et révision des détecteurs de fumée au plus tard tous les six ans, ou huit ans pour les détecteurs à autosurveillance.

Les échéances des tests intégraux suivent une autre logique et un autre texte, la NEPI 108-15. Cet article ne les traite pas.

Que prévoit la directive après quinze ans d'exploitation ?

Le chiffre qui manque le plus souvent dans les discussions est le ch. 4.5. Après quinze ans d'exploitation, les installations de détection d'incendie doivent faire l'objet d'une appréciation selon une procédure définie, portant sur leur conception, leur disponibilité compte tenu de l'évolution technologique et leur efficacité au regard des changements d'affectation (al. 1). L'installation doit ensuite être adaptée à l'état de la technique ainsi qu'à une éventuelle évolution des dangers d'incendie (al. 2), et l'entreprise de détection incendie reconnue par l'AEAI annonce l'appréciation à l'autorité de protection incendie pour approbation avant le début des travaux d'exécution (al. 3).

Deux choses sont à distinguer ici, parce qu'elles sont régulièrement confondues dans la pratique.

L'appréciation à quinze ans est obligatoire. C'est une échéance propre, que ni la maintenance annuelle ni le contrôle périodique du ch. 4.4 ne remplacent.

Le remplacement complet de l'installation ne l'est pas. La directive n'exige nulle part de remplacer un SDAI après quinze ans. L'appréciation peut conclure que l'installation reste adaptée, qu'elle a besoin d'adaptations, ou que son remplacement est la solution la plus raisonnable. Lequel des trois constats s'applique, c'est l'appréciation qui en décide, pas le calendrier. Un article dédié détaille comment cette distinction se défend face à un propriétaire.

Ce qu'il faut retenir

  • La DPI 20-15 dit si et jusqu'où on surveille ; la directive SES dit avec quoi et comment.
  • Obligation selon des seuils par affectation (ch. 2.2) ; pour une partie des affectations, l'autorité tranche au cas par cas (ch. 2.2.4).
  • Hébergement [a] : surveillance totale (ch. 2.2.2 al. 1). [b]/[c] : deux niveaux avec plus de 50 personnes, ou trois niveaux et davantage avec plus de 30 personnes ; exception selon l'al. 2 c pour les bâtiments de faible hauteur avec concept d'extinction.
  • Distinguer la définition du type d'hébergement (norme AEAI, art. 13) de l'exigence applicable à ce type (DPI 20-15, ch. 2.2.2).
  • La surveillance partielle couvre toujours un compartiment coupe-feu entier ; l'autorité peut l'étendre (ch. 3.2.1 al. 2).
  • Alarme interne et externe, transmission directe à la centrale officielle, plus une organisation de protection incendie (ch. 3.4.1).
  • Maintenance et révision selon la directive SES, le type de détecteur, le fabricant et le dossier approuvé; les valeurs de 6/8 ans ne s'appliquent pas indistinctement à tous les détecteurs.
  • Après 15 ans d'exploitation, une appréciation de l'installation est obligatoire (ch. 4.5) ; elle n'impose pas un remplacement complet.

Sources officielles

La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton peut exiger davantage, et le concept de protection incendie approuvé pour votre objet prime toute règle générale. Cet article résume la directive, il ne la remplace pas ; le texte officiel s'obtient auprès de l'AEAI.

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Mis à jour le 6 septembre 2026. Cet article est publié à titre informatif et ne remplace ni la directive applicable ni l'appréciation de l'autorité compétente. Références : DPI 20-15 « Installations de détection d'incendie », norme de protection incendie AEAI, directive SES SDAI (éd. 01.07.2021), NEPI 108-15.

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