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NORMES

Plan d'orientation pour l'intervention des sapeurs-pompiers : ce qu'exige la DPI 20-15

Un numéro de groupe de détection ne dit pas où est le feu. Le plan d'orientation traduit ce numéro en un lieu. Ce que la DPI 20-15 exige, où le déposer, et pourquoi la qualité du découpage en zones prime sur le graphisme.

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Plan d'orientation pour l'intervention des sapeurs-pompiers : ce qu'exige la DPI 20-15

Une installation de détection incendie ne dit jamais « le feu est dans l'entrepôt ouest ». Elle signale un groupe de détection, donc un numéro. Entre ce numéro et l'endroit dans le bâtiment se trouve un document : le plan d'orientation pour l'intervention des sapeurs-pompiers. C'est l'élément le moins spectaculaire de l'installation, et celui qui fait gagner le plus de temps en situation réelle.

Qu'est-ce qu'un plan d'orientation ?

C'est le plan qui reporte les numéros des groupes de détection sur le plan du bâtiment. Qui lit un numéro trouve ainsi la pièce, l'étage et le chemin pour y parvenir.

Il s'adresse à la première personne devant le tableau : le collaborateur instruit pendant la temporisation de présence, ou les sapeurs-pompiers à leur arrivée. Sa fonction est étroite, donc mesurable. Un bon plan d'orientation répond à une seule question, et en quelques secondes : où l'installation a-t-elle déclenché ?

Est-il obligatoire en Suisse ?

Oui, et explicitement. La directive de protection incendie DPI 20-15 « Installations de détection d'incendie » exige au ch. 3.8.2 al. 1 : pour chaque installation de détection d'incendie, il y a lieu d'établir des plans d'orientation bien lisibles pour l'intervention des sapeurs-pompiers, avec les groupes de détection. Ceux-ci doivent être déposés à un endroit bien visible et accessible, à l'accès des sapeurs-pompiers.

Cette seule exigence contient trois points régulièrement minimisés :

  • « Pour chaque installation de détection d'incendie. » Pas seulement à partir d'une certaine taille d'installation, pas seulement à partir de plusieurs groupes, et pas seulement là où un plan d'intervention des sapeurs-pompiers existe déjà.
  • « Avec les groupes de détection. » Les groupes de détection sont un contenu minimal prescrit, pas un ajout facultatif.
  • « Bien lisibles. » La lisibilité est une exigence, pas une recommandation. L'annexe au même chiffre cite en exemple une représentation en couleur.

L'obligation est donc une prescription nationale de protection incendie, pas une simple recommandation d'une association de branche. La directive SES SDAI s'y ajoute et la complète, sans la remplacer.

Un point souvent mélangé : le plan d'orientation n'est pas la même chose que la platine et le tableau de commande sapeurs-pompiers. C'est un appareil, pas un document, et il a ses propres conditions. La DPI 20-15 exige pour lui, au ch. 3.3 al. 1, un emplacement sûr et facilement accessible aux sapeurs-pompiers, mais expressément seulement pour les installations comportant plus d'un groupe de détection. C'est précisément ce seuil qui est parfois transposé au plan d'orientation. Il n'y a pas sa place : le ch. 3.8.2 al. 1 n'en connaît aucun.

Ce que la prescription ne fixe en revanche pas, c'est un modèle. Il n'existe ni format de papier prescrit, ni échelle, ni systématique de numérotation des zones valable dans tout le pays. Ce qui est exigé, c'est le contenu, la lisibilité et le fait de pouvoir le trouver, pas un langage graphique précis. Qui cherche « le » modèle officiel cherche quelque chose que la réglementation suisse laisse volontairement ouvert.

Où est-il déposé ?

Il vaut la peine de mettre les textes côte à côte, parce qu'ils sont formulés différemment et s'opposent parfois dans la pratique.

DispositionCe qui y figureLieu
DPI 20-15, ch. 3.8.2 al. 1Les plans d'orientation pour l'intervention des sapeurs-pompiers doivent être déposés à un endroit bien visible et accessibleÀ l'accès des sapeurs-pompiers
DPI 20-15, annexe au ch. 3.8.2Certains documents doivent être déposés pour chaque installation achevée, dont les plans d'orientationÀ la centrale DI
DPI 20-15, ch. 3.8.2 al. 2Un carnet de contrôle doit être tenu et déposé pour chaque installationÀ la centrale de détection incendie
Directive SES SDAI, ch. 11.1Le carnet de contrôle doit être déposé ; le dossier technique généralement aussiÀ la centrale, respectivement à la platine sapeurs-pompiers

Ce n'est pas une contradiction. Dans de nombreux objets, l'accès des sapeurs-pompiers et la centrale se trouvent de toute façon au même endroit, et la question se résout d'elle-même. Lorsqu'ils sont séparés, la tâche ne consiste pas à choisir un seul lieu, mais à organiser les choses de sorte que l'équipe arrivante trouve le plan là où elle pénètre dans le bâtiment. Comment cela se résout au cas par cas, avec un dépôt à l'accès, une armoire à clé ou un second jeu à la centrale, dépend de l'objet, du concept de protection incendie et des exigences des sapeurs-pompiers locaux.

L'annexe au ch. 3.8.2 énumère par ailleurs ce qui doit être déposé pour une installation achevée dans son ensemble : les plans d'orientation, un dossier technique, le mode d'emploi, le carnet de contrôle, des consignes pour l'exécution des contrôles fonctionnels et pour le comportement en cas d'interruption de l'installation, le plan d'alarme ainsi que la documentation d'éventuels asservissements d'équipements techniques ou constructifs de protection incendie. C'est une liste de documents, pas un sommaire pour une seule feuille. Rien n'y exige de tout reporter graphiquement sur le plan d'orientation.

Que doit contenir le plan d'orientation ?

IndicationÀ quoi elle sertStatut
Groupes de détection avec leurs numéros sur le planTraduire le signal en un lieuPrescrit, DPI 20-15 ch. 3.8.2 al. 1
Bonne lisibilité, par exemple une représentation en couleurRendre le plan utilisable sous stress« Bien lisible » est prescrit ; la représentation en couleur est citée en exemple par l'annexe
Étages, accès et chemin vers le groupePasser du numéro à la pièceDécoule de l'objectif, mais n'est pas prescrit comme contenu isolé
Emplacement de la centrale et de la platine sapeurs-pompiersFixer le point de départ du cheminBonne pratique
Compartiments coupe-feuEstimer la propagationBonne pratique ; le découpage en groupes en tient compte (directive SES SDAI, ch. 5.1)
Équipements asservisSavoir ce qui a déjà été commandé lors de l'alarmeDocumentation propre selon l'annexe au ch. 3.8.2, pas nécessairement sur le même plan
Indications liées au sprinkler, comme la zone protégée par vanne d'alarmeLocaliser la zone sprinklerSeulement dans le cas particulier où l'installation de détection sert uniquement à la surveillance et à la transmission (directive SES SDAI, ch. 15.7 al. 3)

Moyens d'extinction, ascenseurs, désenfumage, installations photovoltaïques ou dangers particuliers sont sans doute utiles aux sapeurs-pompiers. Comme obligation générale sur le plan d'orientation, ils ne se déduisent pas de la DPI 20-15. Là où ils sont exigés, cela vient du concept de protection incendie, d'une exigence cantonale ou des sapeurs-pompiers locaux, et c'est alors dans un cahier des charges qu'il faut l'écrire.

Pourquoi le découpage en zones détermine-t-il la qualité du plan ?

Parce que le plan ne peut être précis que si la structure qui le sous-tend l'est. Un groupe qui couvre trois étages donne un numéro qui ne mène nulle part.

La directive SES SDAI est précise sur ce point. Lors de la formation des zones de détection, la répartition des compartiments coupe-feu doit être prise en compte, et les groupes ne doivent, autant que possible, pas s'étendre sur plusieurs compartiments coupe-feu ; ils sont formés étage par étage, à l'exception des zones verticales comme les cages d'escalier ou les gaines d'ascenseur (ch. 5.1). Le même chiffre exige que les groupes de détection soient coordonnés avec les zones d'activation des asservissements : un groupe ne doit pas s'étendre sur plusieurs zones d'activation.

C'est là le vrai levier. On améliore rarement un plan d'orientation par un graphisme plus soigné, mais presque toujours par un découpage en zones plus propre. S'y ajoute le dimensionnement des aires de surveillance selon le ch. 7.2, qui détermine la finesse avec laquelle une surface est résolue.

Plan d'orientation, plan d'intervention, carte de cheminement : la distinction

Au quotidien, les termes se mélangent. Ils se distinguent pourtant nettement :

DocumentFonctionBase
Plan d'orientation pour l'intervention des sapeurs-pompiersLocaliser rapidement les groupes de détection et diriger l'interventionDPI 20-15, ch. 3.8.2 al. 1
Plan d'intervention des sapeurs-pompiersPréparer et conduire l'intervention dans tout l'objetDPI 12-15, ch. 3.1 al. 3 et ch. 7.1
Plan de protection incendieDocumenter le concept et les mesures de protection incendieDéfini dans la DPI 10-15
Plan des voies d'évacuation et de sauvetageGuider les occupants et visiteurs vers la sortie ou un lieu sûrDéfini dans la DPI 10-15
Plan d'alarmeFixer la commande des dispositifs d'alarme et de commandeDPI 20-15, annexe au ch. 3.8.2
Matrice d'asservissement ou documentation des commandesDocumenter l'interaction entre détection et équipements asservisDPI 20-15, annexe au ch. 3.8.2 ; NEPI 108-15 ch. 7.5

N'y figure pas la « carte de cheminement des sapeurs-pompiers » (Feuerwehrlaufkarte). Le terme vient de la réglementation allemande et reste, en Suisse, un usage de la pratique, pas une exigence des prescriptions de protection incendie. « Plan des groupes de détection », « plan de zones » ou « plan de détection » ne sont pas non plus des dénominations officielles ; ils viennent de la pratique de planification et désignent des choses différentes selon l'entreprise. Un cahier des charges qui exige une carte de cheminement « selon la norme allemande » importe un référentiel qui ne s'applique pas ici, et ne rend pas le résultat plus conforme, seulement plus coûteux. Qui souhaite un document ou une présentation de ce type a intérêt à l'ancrer dans le concept de protection incendie ou dans une exigence explicite des sapeurs-pompiers locaux, et à l'écrire précisément dans le cahier des charges.

Ce qu'il faut retenir

  • La DPI 20-15 exige au ch. 3.8.2 al. 1, pour chaque installation de détection d'incendie, des plans d'orientation bien lisibles pour l'intervention des sapeurs-pompiers avec les groupes de détection, déposés à un endroit bien visible et accessible à l'accès des sapeurs-pompiers.
  • La restriction « plus d'un groupe de détection » concerne la platine et le tableau de commande sapeurs-pompiers (ch. 3.3 al. 1), pas le plan d'orientation.
  • L'annexe au ch. 3.8.2 exige en plus qu'un jeu complet de documents soit déposé à la centrale DI pour chaque installation achevée, dont les plans d'orientation et le plan d'alarme. Cet ensemble ne doit pas nécessairement apparaître graphiquement sur un seul plan.
  • Sont prescrits le contenu, la lisibilité et le fait de pouvoir le trouver, pas un format, une échelle ou une systématique de numérotation.
  • La directive SES SDAI et la NEPI 108-15 complètent la directive de protection incendie, sans la remplacer.
  • La qualité du plan tient au découpage en zones (directive SES SDAI, ch. 5.1), pas au graphisme.
  • La « carte de cheminement des sapeurs-pompiers » est un terme d'usage venu de la réglementation allemande, pas une exigence suisse.

Sources officielles

La protection incendie s'applique par le droit cantonal : l'autorité de votre canton et les sapeurs-pompiers locaux peuvent poser leurs propres exigences de représentation, et le concept de protection incendie approuvé pour votre objet prime toute règle générale.

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Mis à jour le 6 septembre 2026. Cet article est publié à titre informatif et ne remplace ni les prescriptions applicables ni l'appréciation de l'autorité compétente. Références : DPI 20-15 « Installations de détection d'incendie » (édition 01.01.2017), DPI 10-15, DPI 12-15, directive SES SDAI (édition 01.07.2021), NEPI 108-15.

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